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Joseph Zobel, auteur antillais connu notamment pour son roman La Rue Cases-Nègres (1950), a vécu au Sénégal et collaboré à la revue Awa en y publiant des nouvelles et des poèmes. Sa présence fréquente dans différentes sections permet de dresser son portrait au fil des numéros. Le présent article vise à analyser ce portrait de l’auteur en prenant appui sur son inscription dans un réseau médiatique et littéraire, ainsi que sur les variations observables entre la parution des nouvelles dans Awa et en recueil. La place des illustrations, la présence de l’auteur dans les différentes rubriques du périodique (courrier des lecteurs, critique littéraire, prix) et les modalités de parution de ses textes concourent en effet à situer Joseph Zobel au sein de la géographie littéraire des années 1960.
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This essay explores Ann Bannon's lesbian pulp series "The Beebo Brinker Chronicles" through the lens of trans studies, placing her eponymous hero in conversation with the inversion rhetoric of sexological discourse and the transgender pulp novels that circulated alongside Bannon's texts in the 1950s and 1960s. Despite the prominence of Beebo's masculine identification, and the fact that Bannon draws heavily from Radclyffe Hall's The Well of Loneliness — now widely read as a transgender text — Beebo has yet to be read as a character that resonates within both the trans and the lesbian literary canons. Revisioning Beebo as a transmasculine character transforms our understanding of an unfolding trans-gender literary tradition, offering a bridge between Hall's Stephen Gordon and later twentieth-century articulations of transmasculine identity and embodiment. Further, the essay suggests that Bannon's series provides a vital intervention in the "case study" framing that dominated both transgender pulp novels and The Well by offering a vision of trans experience that, presented in the romance genre, exists outside medical authority. If we broaden the context for studying Beebo to include other contemporary trans literary genealogies, Bannon's work becomes integral to understanding the pulp genre's treatment of transgender themes and the reach of transgender plots and possibilities at midcentury.
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L’article présente une forme de recherche collaborative avec de nouveaux professionnels du monde scolaire : les enseignants référents pour l’adaptation scolaire et la scolarisation des élèves en situation de handicap (ASH). L’étude s’intéresse à la réflexivité, au développement professionnel et aux transactions identitaires de ces professionnels. Les enjeux de reconnaissance et leur lien avec les formes d’implication dans le travail collaboratif sont aussi abordés. La méthodologie, plurielle (focus groupe, séances d’analyse de pratiques, entretiens, questionnaire), s’inscrit dans la durée. Les résultats éclairent un ensemble de tensions repérées dans le cadre des collaborations chercheurs-praticiens. Ils mettent en avant une approche renouvelée de la complexité des acteurs, des systèmes et des contextes de travail. L’étude revient sur les conditions d’une telle collaboration, sur les postures des différents acteurs et sur les liens formation-recherche-formation qu’un tel processus permet de développer.
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Au détour d’une trajectoire personnelle et d’un travail de recherche sur Simone de Beauvoir conduit depuis plusieurs années, l’auteure relit le chapitre « La lesbienne » du Deuxième sexe, en mettant en évidence les aspects les plus détonants de l’œuvre, mais aussi ses faiblesses. Cette lecture permet de revenir sur la réception de l’œuvre et sur les résistances constructionnistes aux théories et aux arguments mobilisés par Beauvoir. D’une façon plus générale, c’est également l’occasion d’interroger les approches contemporaines, et queer notamment, des « classiques » de la littérature lesbienne et de (re)découvrir la « force » de Beauvoir et de ses œuvres.
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Another generation of women will have to wait for gender parity, according to the World Economic Forum’s Global Gender Gap Report 2021. As the impact of the COVID-19 pandemic continues to be felt, closing the global gender gap has increased by a generation from 99.5 years to 135.6 years.
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Cet article contribue aux travaux sur les organisations alternatives. La pluralité des organisations étudiées et des approches mobilisées pose la question de la cohérence de ce champ ; et en particulier des contours et de la définition d’une organisation alternative. Cet article étudie cette question en apportant deux contributions. La première entend rendre visible et légitimer la littérature féministe comme porteuse de contributions potentielles à la réflexion sur les organisations alternatives. La seconde contribution propose une problématisation des organisations alternatives, et montre en quoi elle peut instruire certaines questions en science de gestion. Pour organiser l’action collective, il s’agit d’identifier et d’accepter un certain nombre de dissonances au sein de l’organisation, ce qui rend indépassable une instabilité de l’organisation.
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Hier d'inspiration réformatrice, la micro-finance nourrit aujourd'hui une idéologie néolibérale, patriarcale et moraliste, portée par un capitalisme «social» et des économistes comme Esther Duflo. Les pauvres, et en premier lieu les femmes, sont perçus comme des entrepreneurs et consommateurs créatifs et responsables, ou des malades à soigner, impulsifs et irrationnels. Microcrédit, micro-épargne et éducation financière seraient des recettes miracles permettant l'épanouissement du potentiel entrepreneurial et l'émancipation par la consommation, ou la canalisation de tentations impulsives et la rationalisation des comportements. Les enquêtes menées dans diverses régions du monde montrent les dérives et les désillusions de la micro-finance. Une vision politique de la pauvreté et du marché permet de dépasser les impasses des idéologies dominantes. Des formes alternatives et solidaires d'épargne et de crédit ouvrent la perspective de réinventer la richesse, la solidarité et la lutte contre les dominations et les inégalités.
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L’écrivaine Monique Wittig se projette au-delà des contraintes temporelles, tout en s’inspirant de l’époque révolutionnaire des années 1970. La culture est recréée, puisant dans l’Antiquité et la Préhistoire réelles et/ou inventées. Cette notion transtemporelle est récurrente chez des écrivaines d’utopies, servant déjà d’inspiration pour Christine de Pizan au XVe siècle. Elle rassembla par son écriture une population de femmes du passé, du présent et de l’avenir dans une « Cité des Dames », où elles vivront ensemble en dehors des contraintes temporelles et spatiales. Dans l’ensemble, les utopies littéraires féministes s’intéressent à la réinvention du temps, qui devient non plus une notion linéaire, mais circulaire. Aussi le symbole du cercle sert à ordonner les écrits de Wittig, notamment dans Les Guérillères. Cette « épopée » affirme une chronologie, mais non pas celle des horloges ou des calendriers. Les écrivaines utopistes relient le passé est l’avenir, avec une communication immédiate et facile entre les époques. Le présent, étant pollué par la hiérarchie et la domination, est secondaire dans ses manifestations courantes, mais primordial dans le sens que toute l’œuvre est dédiée à l’amélioration immédiate et constante de notre condition humaine.
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Cet article propose une incursion dans le domaine de l’écologie sonore à partir d’articles écrits par des artistes et des chercheuses de divers horizons disciplinaires. Après avoir abordé les principes fondamentaux de cette discipline qui a vu le jour durant les années 70, l’auteure présente les pratiques émergentes des femmes en écologie sonore de façon à démontrer ce en quoi leurs façons de faire constituent un terrain propice à la recherche féministe. Le rapport entre l’écologie sonore et le féminisme étant établi, l’auteure expose le sommaire de trois rapports de recherche d’intérêt sociopolitique dont la démarche s’apparente à la recherche-action féministe. Ses réflexions portent ensuite sur les moyens à prendre pour favoriser la collaboration interdisciplinaire.
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Sociological research, influenced by feminist and other critical perspectives, has noted how men’s emotional inexpressiveness was influenced, and supported, by patriarchal privilege. Such approaches have argued that ‘inexpression’ needs to be broken down in order to build gender equality and improve men’s own wellbeing. Emerging research has, however, challenged the argument that men are ‘emotionally inexpressive’ on two main premises: that, as a result of feminist critiques, many men now practise ‘softer’ or ‘more emotional’ forms of masculinity; second, that emotions always influence social action and so need to be better incorporated into sociological accounts of men’s behaviour. Yet these approaches entail some conceptual confusion as to what emotions are, how they link to social action and whether men’s emotions are inherently transformative for gender relations. This article first details how emotions and masculinity have been theorized in feminist-inspired approaches. It outlines recent work on emotions, men and masculinities before arguing for an understanding of emotions that engages with both physiologically grounded and postconstructionist debates. It finally suggests incorporating a material-discursive approach to men’s emotions, through feminist work on affect, which is attentive to the political dimensions of ‘increasing emotionality’ in order to contribute to a developing field of sociological research.
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This article assesses Exodus’ Egypt as lesbian bar culture of the 1940s and 1950s, treating the main characters of Moses, Pharaoh, Yhwh as competing butches for the femme, Israel. The article utilizes a gender reversal, queer-ideological critical approach in order to read the biblical text of Exodus 2-6 and 14 in the way accessible to the lesbian community.
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In a lecture delivered before the University of Oxford’s Anglo-French Society in 1936, Gertrude Stein described romance as “the outside thing, that . . . is always a thing to be felt inside.” Hannah Roche takes Stein’s definition as a principle for the reinterpretation of three major modernist lesbian writers, showing how literary and affective romance played a crucial yet overlooked role in the works of Stein, Radclyffe Hall, and Djuna Barnes. The Outside Thing offers original readings of both canonical and peripheral texts, including Stein’s first novel Q.E.D. (Things As They Are), Hall’s Adam’s Breed and The Well of Loneliness, and Barnes’s early writing alongside Nightwood. Is there an inside space for lesbian writing, or must it always seek refuge elsewhere? Crossing established lines of demarcation between the in and the out, the real and the romantic, and the Victorian and the modernist, The Outside Thing presents romance as a heterosexual plot upon which lesbian writers willfully set up camp. These writers boldly adopted and adapted the romance genre, Roche argues, as a means of staking a queer claim on a heteronormative institution. Refusing to submit or surrender to the “straight” traditions of the romance plot, they turned the rules to their advantage. Drawing upon extensive archival research, The Outside Thing is a significant rethinking of the interconnections between queer writing, lesbian living, and literary modernism.
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La théorie queer soutient que les discours hétéronormatifs dominants sont productifs de sexualités. Comment alors l’hétéronormativité produit-elle des lesbiennes ? Nous théorisons la femme et le butch comme des projets d’incarnation sexuelle.les réponses processuelles et relationnelles à l’hétéronormativité patriarcale sont sans cesse textuellement enfilées tout au long de nos vies. En nous appuyant sur des féminismes radicaux mis à jour avec Foucault et Dorothy Smith, nous proposons des récits autoethnographiques de nos incarnations sexuelles de butch et de femme, en soutenant non pas que les expériences de viol, mais la menace constante de viol dans la vie quotidienne peuvent produire un désir et une incarnation lesbienne. En fin de compte, nous comprenons l'incarnation sexuelle comme non basée sur un fondement ontologique fixe, mais toujours dans les actions relationnelles et quotidiennes des personnes et, par conséquent, malléable dans le contexte social, le moment discursif et les intersections individuelles de la vie d'une personne dans les relations de pouvoir (genre, race, classe sociale, religiosité, nationalité, etc.).
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Camp—a sensibility, a style, and a form of artistic selfexpression—is an elusive concept said to be in the eye of the beholder. To refute Susan Sontag’s (1966) claims that camp is apolitical and not especially homosexual, a number of recent scholarly works have been geared toward revealing camp’s fundamental gayness. With the odd footnote aside, lesbian camp has been collapsed into the category of gay male camp, if not eclipsed entirely. Despite the negligible efforts made to legitimize lesbian camp, there are numerous salient cultural examples one might draw on to illustrate, typify, and substantiate a lesbian camp sensibility. I lay the ground work for this scholarly exercise by outlining various definitions and critiques of camp, and by discussing its history and application to queer theory. Then, to unveil lesbian camp, three nonmutually exclusive categories are discussed: classic, erotic, and radical. By gathering various strands of inquiry, and various textual examples (e.g., photography, artistic performances, and literary tropes), this article attempts to reach a more inclusive and nuanced understanding of lesbian camp.
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Dorothy Allison’s Bastard Out of Carolina is typically read as representative of the negative effects of trauma. This essay suggests that one’s shame can be used to recompose the shamed self, enabling one to (re)connect with others.