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L’autodéfense féministe est un phénomène important dans les milieux militants contre les violences sexistes et sexuelles. Elle a traversé les époques et les frontières en revêtant différentes formes. Il s’agit pourtant d’un sujet qui a suscité peu d’intérêt dans le domaine académique. Son étude comporte divers défis, notamment quant à l’absence de consensus sur la définition de cette discipline et à la difficulté de repérer ses événements lorsqu’ils furent l’objet de répression sociale. Ce mémoire de recherche en travail social s’intéresse particulièrement à l’expérience des survivant- e-s de violence sexuelle qui ont participé à des cours d’autodéfense féministe. Afin d’explorer ce sujet, la recherche s’appuie sur deux méthodes de recherche complémentaires. D’abord, elle fait la documentation des cours d’autodéfense féministe s’étant tenus à Montréal au cours des dix dernières années afin de contextualiser la discipline à l’étude. Ensuite, des entretiens individuels ont été menés avec huit survivant-e-s de violence sexuelle ayant pratiqué l’autodéfense féministe, à partir desquels ont été rédigés des récits voulant trouver les thèmes significatifs à leurs expériences. La méthodologie de cette recherche qualitative s’inscrit en phénoménologie féministe et accorde une importance particulière au processus de dé/subjectivation dans l’expérience de la violence. Les thèmes abordés lors des entretiens avec les survivant-e-s concernent à la fois les changements constatés dans leurs rapports émotionnels et corporels à la vulnérabilité, leurs perceptions des institutions étatiques et l’importance accordée au rôle des collectivités dans leur recherche de guérison. L’analyse permet d’y découvrir un intérêt marqué pour les pratiques de solidarité ainsi que l’existence d’un processus d’empowerment qui échappe à l’injonction néolibérale du succès individuel. Cela permet d’élaborer une analyse critique du traitement punitif des problèmes sociaux et une vision de la lutte à la culture du viol qui s’attaque aux racines des dynamiques de pouvoir genrées. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : autodéfense féministe, violence sexuelle, intervention féministe, empowerment, culture du viol, solidarité
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Historiquement, la grossesse et l'accouchement étaient le champ de pratique des sages-femmes et traduisaient les savoirs empiriques qu’elles et d’autres femmes avaient développés sur leur corps. Mais, aux 19e et 20e siècles, en Occident, les sages-femmes perdent la main mise sur l'accouchement au profit de la nouvelle profession médicale omnipotente, métier historiquement réservé aux hommes. L’obstétrique-gynécologie voit le jour sous la lunette misogyne et raciste d’hommes qui tentent de mener cette spécialité vers la reconnaissance et la gloire auprès de leurs pairs, parfois aux dépens des femmes surtout noires ou pauvres. De nos jours, au Québec et à travers le monde, des voix s’élèvent pour dénoncer la violence obstétricale subie par les personnes qui accouchent : des abus, des mauvais traitements et des non-respects des droits des personnes vécus durant la grossesse et l’enfantement. Ainsi, c’est avec une posture épistémologique féministe que cette recherche tente, à partir de témoignages de femmes ayant enfanté dans le milieu hospitalier au Québec, de comprendre l’expérience d’accouchement dans un lieu où les rapports de pouvoir sont inégaux. Cette recherche qualitative croise les données avec deux théories clés : les savoirs faisant autorité et l’injustice épistémique. Trois points saillants ressortent de l’analyse : 1) ce sont les soignant·es qui détiennent les savoirs faisant autorité et avec eux le pouvoir décisionnel dans la salle d’accouchement. 2) Les personnes qui accouchent sont victimes d’injustice testimoniale au moment de l’enfantement. 3) L’injustice herméneutique nuit à la reconnaissance et à la lutte contre les violences obstétricales. Finalement, cette recherche met en lumière que les injustices épistémiques que vivent les personnes qui accouchent en milieu hospitalier au Québec sont la toile de fond dans laquelle s’enracinent les violences obstétricales. L’analyse témoigne de la nécessité de renverser les rapports de pouvoir inégaux dans la salle d’accouchement et de changer de paradigme autour de la naissance afin d’obtenir plus de justice périnatale. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Injustice épistémique, savoirs faisant autorités, violence obstétricale, accouchement, justice périnatale, rapports de pouvoir.
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Le 23 novembre 2017, une coalition d’intervenants des industries créatrices du Canada a publié une déclaration dans laquelle elle s’engageait à adopter une politique de tolérance zéro en matière de harcèlement, de discrimination, d’intimidation et de violence, et a mis en place des groupes de travail chargés d’étudier l’élaboration d’un Code de conduite, de mécanismes de production de rapports plus sûrs, ainsi que la formation et l’éducation pour l’ensemble de l’industrie. Ce code de conduite n’est que la première étape dans la réalisation de ces objectifs. En travaillant ensemble, nous avons tenté d’avoir une approche de portée étendue, inclusive et précise en réponse aux préoccupations soulevées par les braves personnes qui ont partagé leurs expériences de harcèlement – quelle qu’en soit la nature. Sur ce site Internet, vous trouverez le Code de conduite, les ressources disponibles et la liste actuelle des signataires.
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Cinq ans après l’explosion du #MeToo (#MoiAussi) et une multitude de vagues de dénonciations, qu’est-ce que l’on peut retenir de ce mouvement qui a changé nos vies, malgré les violences qui persistent?
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Harcèlement en ligne, blagues sexistes, sous-représentation féminine, culture du silence : des humoristes n’entendent plus à rire. Elles sont « fucking tannées », « exténuées », « fâchées ». Et certaines aménagent leurs propres « safe spaces » (espaces sûrs), si de tels lieux existent.
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La capsule vidéo "Accueillir la diversité de genre en contextes pédagogique et professionnel" aborde les bonnes pratiques d'accueil (1:29), d'enseignement (6:18) et de recherche (10:42) qui favorisent le bien-être et la réussite des personnes trans, non binaires et queers à l'université.
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Dévoilement des résultats de la recherche Justice pour les femmes marginalisées victimes de violences sexospécifiques : ce que la littérature et les intervenantes nous apprennent (2022).
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Ce rapport présente les résultats d’une étude menée depuis 2020 afin de mettre en lumière la place des femmes dans le secteur. Cette étude a été dirigée par Joëlle Bissonnette, pour et avec la collaboration de la Fondation Musicaction et grâce à l’appui du Gouvernement du Canada. Au terme de cette vaste étude, plus de 600 témoignages ont pu être recueillis et analysés. Ceux-ci ont permis de relever les défis particuliers rencontrés par les femmes dans le secteur et de faire ressortir des pistes de solution pouvant favoriser leur épanouissement professionnel. Les pistes de solution dégagées reflètent les besoins exprimés par les participantes, des femmes de tous les corps de métier, et les recommandations qu’elles ont formulées pour répondre aux défis soulevés. En somme, ces résultats peuvent servir de coffre à outils pour inspirer toutes les parties prenantes du secteur, selon leur champ d’action respectif, et ainsi stimuler une meilleure inclusion des femmes dans l’industrie canadienne francophone.
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"Le long-métrage Je vous salue salope : La misogynie au temps du numérique, réalisé par Léa Clermont-Dion et Guylaine Maroist, nous plonge dans le vortex misogyne du Web et documente la haine contre des femmes.Dans cette histoire chorale aux airs de thriller psychologique, on suit quatre femmes à travers deux continents; Laura Boldrini, ex-présidente du parlement italien; Kiah Morris, ex-représentante démocrate américaine; Marion Séclin, comédienne et Youtubeuse française ainsi que Donna Zuckerberg, spécialiste des cyberviolences faites aux femmes et soeur du fondateur de Facebook.Au final, ce tour de force fait ressentir une haine décomplexée dont l’objectif a le mérite d’être clair: faire taire celles qui rayonnent. Certaines tomberont sous le couperet cruel et cristallisant du clic, d’autres, fières guerrières, se tiendront debout et refuseront le silence.Ce long-métrage documentaire produit par La Ruelle Films pose un regard sur l’impact et le fléau des cyberviolences et la misogynie numérique."-- Résumé de l'éditeur
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Les recommandations qui suivent sont formulées à partir des résultats d’une vaste programmation de recherche portant sur l’accès à la justice pour les femmes victimes de violences sexospécifiques (violence conjugale, violences sexuelles et exploitation sexuelle, sachant que ces formes de violence ne sont pas mutuellement exclusives). Trois rapports sont nés de ces nombreuses années de recherche collective. Le premier documente l’expérience des femmes victimes de violence face au système pénal à partir de leurs témoignages (Phase 1). Le second s’intéresse à l’accès à la justice pour les femmes davantage marginalisées (notamment les femmes issues de l’immigration, racisées, autochtones, en situation de handicap, sourdes et des minorités sexuelles et de genre) en s’appuyant sur les connaissances qu’en ont les intervenantes communautaires travaillant à leur côté (Phase 2). Le troisième présente les perspectives d’acteur·trice·s du système pénal concernant l’accueil et l’accompagnement des femmes dans le système judiciaire (Phase 3). Ces recommandations découlent des grands constats issus des trois phases de la recherche.
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Cinq projets pilotes du tribunal spécialisé en violences sexuelle et conjugale verront le jour au Québec, dont un premier a été inauguré à Salaberry-de-Valleyfield, en mars dernier. Mais quels seront les changements pour les personnes qui voudront entamer des procédures judiciaires après avoir subi des violences? Décryptage.
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Cette recherche-création s’intéresse à l’expression artistique des femmes survivantes d’agression.s sexuelle.s (A.S.) sur leur vécu traumatique. Ancrée dans une démarche d’arts communautaires, cette étude a pour objectifs principaux l’accessibilité et l’appropriation de certains médiums artistiques par le groupe de femmes victimes d’A.S. participantes, s’affirmant ici comme des femmes créatrices. Pour répondre à cette envie, j’ai mis en place un processus de création en collectif d’environ trois mois, constitué d’ateliers de théâtre, d’écriture et d’arts visuels à destination de huit femmes membres du Centre d’Aide et de Lutte contre les Agressions à Caractère Sexuel Trêve Pour Elles (CALACS TPE). Ces ateliers ont abouti à la présentation publique d’une installation immersive et participative intitulée « Libère ta parole. Crier avec l’art ». Cette dernière, grâce à sa forme interactive, aura permis aux spectateur.rice.s d’expérimenter la position d’allié.e, en lien avec le sujet. Ces dix ateliers de création ont été l’occasion de mélanger les théories et les méthodologies des arts communautaires avec celles de l’intervention féministe intersectionnelle. J’ai alors procédé à une étude qualitative s’appuyant sur l’observation active et sur trois questionnaires diffusés aux femmes à différents moments du projet. Ma démarche a naturellement été inspirée par des pratiques artistiques et des pratiques sociales qui placent au coeur de leurs approches les personnes directement concernées par le sujet, soit les femmes survivantes d’A.S. dans mon cas. J’ai par conséquent dialogué avec des artistes tel.le.s qu’Augusto Boal et son théâtre de l’Opprimé, l’autrice Sonia Chiambretto concernant son rapport à l’écriture spontanée et le plasticien Alain Alberganti au sujet de sa vision de l’installation. Je me suis également intéressée à l’intervention féministe telle qu’explicitée par Francine Ouellet afin de traiter les participantes comme des collaboratrices en action, qui parviennent à s’approprier les moyens d’expression explorés ici. Ce processus de création a été l’occasion pour elles de voir et de porter autrement leur vécu d’A.S., souvent avec plus de légèreté. Il a également été facteur d’’empouvoirement, de reprise de confiance en elles et d’une meilleure connaissance de leurs capacités personnelles. Ces acquis ont permis aux participantes de s’affirmer et d’asseoir leur légitimité à parler artistiquement de leurs vécus d’A.S. dans l’espace public et ce, afin d’aspirer à certains changements sociaux. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : agression.s sexuelle.s, processus de création, arts communautaires, féminisme intersectionnel
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La présence de femmes utilisatrices de substances psychoactives (SPA) semble être en augmentation dans plusieurs maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence au Québec. La littérature laisse entendre que ces enjeux soulèvent de nombreux défis pour les travailleuses de ces organisations féministes. Cette recherche, féministe et qualitative, s’est intéressée aux pratiques avec les femmes utilisatrices de SPA dans les maisons d’hébergement pour femmes. Afin de contribuer aux réflexions déjà présentes dans les milieux, cette recherche souhaitait documenter les pratiques actuelles en plus d’analyser et de contextualiser ces pratiques. Plus spécifiquement, la démarche voulait approfondir les liens entre les pratiques d’intervention et les pratiques organisationnelles, en dévoilant les éléments qui influencent ces pratiques. En mobilisant une stratégie d’étude de cas, je me suis intéressée aux pratiques dans deux maisons d’hébergement situées dans la grande région de Montréal et membres de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF). Pour récolter les données, j’ai réalisé des observations participantes dans les deux organisations féministes. De plus, j’ai effectué six entretiens individuels semi-dirigés avec des travailleuses et j’ai colligé soixante-quatre documents écrits et produits par ces mêmes organisations. L’analyse thématique du corpus permet de rendre compte de la diversité des pratiques d’accompagnement, celles visant l’inclusion, l’encadrement ou la communication avec les femmes. Aussi, ces pratiques sont largement influencées par les conceptions morale, juridique et biomédicale de la toxicomanie véhiculées socialement. Toutefois, un cadre d’analyse féministe supporte une lecture différente de la consommation et appuie des pratiques plus inclusives avec les femmes. L’analyse permet aussi de dégager que la dimension organisationnelle doit être considérée afin de comprendre ces pratiques et les contextes spécifiques dans lesquels elles s’inscrivent. Finalement, l’analyse de la dimension individuelle permet de souligner l’importance de l’individualité de chaque travailleuse comme élément contribuant à façonner les pratiques. Dès lors, la prise en compte de la consubstantialité de ces trois dimensions permet non seulement de comprendre les pratiques, mais supporte le besoin d’approfondir les réflexions afin de mieux soutenir les femmes utilisatrices de SPA. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Intervention féministe, toxicomanie, pratiques féministes en travail social, maisons d’hébergement pour femmes, utilisatrices de substances psychoactives
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Ce mémoire a pour but d'examiner l'éventuel impact qu'a eu la quatrième vague du féminisme sur la situation des femmes dans le champ littéraire. Dans sa première partie de contextualisation, il trace les contours d'une histoire littéraire au féminin marquée par l'invisibilisation, l'exclusion et la marginalisation. Dans sa seconde partie, il fait état d'une série de transformations ayant récemment agité le monde de l'édition depuis la déferlante #MeToo, la plus notable étant l'essor inédit pris par l'édition d'ouvrages de non-fiction féministes, une pratique qui témoigne tantôt de l'engagement profond d'une série de nouvelles maisons d'édition indépendantes, tantôt de la pratique du "feminism washing" par les grandes maisons généralistes. La troisième et ultime partie vise à répondre à la question suivante : les inégalités de genre, de quelque nature qu'elles soient, affectent-elles autant le champ littéraire depuis #MeToo? Y seront abordées les questions du plafond de verre, des inégalités salariales, du capital symbolique accordé aux autrices et du harcèlement sexuel au sein du milieu littéraire.