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Cette recherche est une étude exploratoire sur les conditions de travail des femmes œuvrant dans les organismes communautaires Famille (OCF) au Québec. Basée sur neuf entrevues réalisées auprès de travailleuses de ce milieu, elle offre une analyse du sens que les femmes donnent à leur vécu et à leur expérience. Cette recherche a pour ambition de dresser un portrait des conditions de travail et des conditions de vie des femmes œuvrant dans ce milieu, en considérant la spécificité des OCF, ses rapports de pouvoir avec les bailleurs de fonds, ses dynamiques avec les acteurs sociaux et ses enjeux particuliers. À travers une lunette féministe matérialiste ancrée dans les théories du care, jumelées à une perspective critique du néolibéralisme, nous explicitons la façon dont les contraintes imposées au secteur communautaire Famille par l’État québécois et les bailleurs de fonds privés, affectent les conditions de travail et les conditions de vie des salariées évoluant dans ce milieu. Dans un premier temps, nous démontrons que les politiques néolibérales affaiblissent les OCF par la non-reconnaissance de leur spécificité, par leur sous-financement et par l’imposition de nombreux partenariats qui contribuent à limiter leur autonomie. Dans un deuxième temps, nous illustrons comment les politiques néolibérales, mais aussi le manque de reconnaissance et la dévalorisation de ce travail de care, précarisent les conditions de travail dans les OCF. Dans un troisième temps, nous explorons les situations de précarité et/ou de pauvreté découlant des conditions de travail. Au surplus, nous interrogeons le rapport potentiellement paradoxal qui peut émerger du fait d’intervenir auprès de familles qui ont des besoins socio-économiques similaires à ceux des travailleuses. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Organismes communautaires Famille, travailleuses, conditions de travail, féminisme matérialiste, care, néolibéralisme, précarité, pauvreté
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Le 20 décembre 2013, la Cour suprême du Canada donne raison à Terri Jean Bedford et ses comparses en déclarant l’inconstitutionnalité de plusieurs articles de lois qui encadrent la prostitution. Elle donne un an au gouvernement en place pour établir un nouveau cadre législatif. Le 6 novembre 2014, le projet de loi C-36, élaboré par le gouvernement Harper, reçoit la sanction royale. Il s’agit d’un moment historique puisque, pour la première fois depuis les années 1980, des changements majeurs sur les lois qui encadrent la prostitution sont apportés au Code criminel canadien. Les journalistes abordent normalement l’enjeu de la prostitution lorsque des événements dramatiques se produisent. En conséquence, les travailleuses du sexe sont normalement présentées comme des victimes ou comme des criminelles dans les médias. Je me demande donc si les journalistes ont profité des débats entourant l’Arrêt Bedford et le projet de loi C-36 pour aborder cet enjeu de façon plus nuancée. Est-ce que les médias ont été en mesure de renseigner les citoyen·ne·s sur cet enjeu complexe, sur son historique et sur les différents points de vue qui existent sur le sujet à l’international ou ont-ils simplement nourri la controverse et les stéréotypes habituels en exposant des récits sensationnalistes qui font appel aux émotions? En résumé, mon mémoire n’a pas pour objectif de promouvoir une idée ou une autre sur le travail du sexe, mais plutôt d’en analyser sa médiatisation et par le fait même, de mieux comprendre cette réalité. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : prostitution, travail du sexe, cadrage médiatique, Arrêt Bedford, projet de loi C-36
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Cette recherche partira des points de vue des femmes qui travaillent dans les infrastructures touristiques de Hampi pour comprendre les développements touristiques dans cette région. À la lumière des propos énoncés par les personnes participantes à une recherche terrain, nous analyserons les enjeux politiques et sociaux provoqués par ces développements touristiques. Cette recherche a donc trois objectifs (1) mettre de l’avant les points de vue de celles, ceux qui ne sont pas entendues dans un discours dominant sur les développements touristiques (2) de comprendre ces développements touristiques à partir du point de vue de celles, ceux qui les vivent au quotidien, qui travaillent au sein de ces infrastructures touristiques et, partant de leurs voix (3) démontrer les implications sociales et politiques des restructurations suscitées par ces développements touristiques en remettant en question la littérature néolibérale et hégémonique sur les développements touristiques. Cette recherche répond à la question suivante : comment les développements touristiques à Hampi sont expliqués, organisés et revendiqués par les populations de basses castes et classes qui travaillent dans les infrastructures touristiques du village ? Nous verrons que les femmes considèrent le tourisme comme une opportunité afin de mieux répondre à leurs besoins et à ceux de leur communauté, toutefois l’importance grandissante que prendra le tourisme dans le village entrainera l’implication d’acteurs urbains et supranationaux qui déstabilisent l’organisation du travail des femmes et de leurs communautés entrainant tranquillement leur exclusion du village. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : tourisme, néolibéralisme, travail des femmes, capitalisme, développement, Inde
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Ce mémoire cherche à mettre en lumière les similitudes et les différences dans les structures argumentaires au sujet du travail du sexe/prostitution et sur le foulard islamique quant aux conceptions de l'autonomie mobilisées. Bien que l'autonomie ne soit pas le seul élément de fond dans ces débats, il semble être un indicateur possible des clivages conceptuels entre les différentes positions adoptées pour chacun des débats. Le matériel exploité est celui du corpus des mémoires déposés dans le cadre de consultations sur le projet de loi C-36 (au fédéral) et sur le projet de Charte de valeurs québécoises (au provincial). C'est à l'aide d'une grille d'analyse de contenu, qui décline le concept d'autonomie en deux différents axes, interne-externe et neutre-moral, que sont passés au peigne fin les deux ensembles de mémoires. Les conclusions pointent vers une impasse conceptuelle entre les différentes positions (pour ou contre une législation sur le foulard islamique et abolitionnistes ou pro-travail du sexe). Ainsi, la recherche indique aussi que l'autonomie serait un concept à géométrie variable qui s'adapte en fonction des débats, mais surtout selon les positions défendues. L'auteure y voit un risque d'en faire un concept à géométrie maniable qui devient un instrument justifiant les positions adoptées plutôt qu'un de leurs fondements.
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Cette thèse porte sur la mise en application de la Loi sur l'équité salariale adoptée en 1996 par l'Assemblée nationale du Québec après plusieurs années de mobilisation féministe et syndicale. De nature proactive, cette législation oblige les dirigeants d'entreprise à prendre des mesures pour corriger la discrimination salariale à l'égard des emplois « féminins ». Ces mesures consistent principalement à comparer la valeur des catégories d'emplois à prédominance féminine et celles à prédominance masculine sans introduire de biais sexiste. D'entrée de jeu, l'application de la loi québécoise pose un défi de taille. En effet, tout en s'insérant dans les relations de travail déjà existantes, la mise en œuvre de cette législation remet en question certaines pratiques et valeurs entrepreneuriales en matière de rémunération. Au-delà d'un énoncé normatif, la Loi sur l'équité salariale ne peut donc pas être considérée comme l'outil de mise en œuvre d'un changement prédéterminé. Au contraire, c'est au cours de sa mise en œuvre dans les milieux de travail que la portée et les effets de cette législation prennent leur sens alors que se réalisent les processus d'équité salariale convenus entre les acteurs concernés, en particulier les employeurs et les syndicats. Après avoir rappelé le contexte d'émergence de cette politique publique singulière et présenté une discussion sur le concept d'équité en référence à quelques thèses philosophiques contemporaines, nous rendons compte d'observations empiriques effectuées au fil de notre pratique professionnelle dans le domaine des relations de travail et des ressources humaines. Cette analyse réflexive nous amène à constater une diversité de processus, notamment selon la taille, le secteur d'activité et la présence syndicale, les résultats des exercices d'équité salariale s'avérant de ce fait très variables. Nous en venons ainsi à la conclusion que le potentiel transformateur associé à la mise en œuvre de la Loi sur l'équité salariale demeure encore incertain et que, malgré son caractère proactif, cette législation, telle qu'appliquée jusqu'à présent, peine à traduire dans l'ensemble des entreprises les principes d'égalité et de justice sociale dont elle se réclame.
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Comment résister à l'injustice ? Peut-on vaincre le " capitalisme émotionnel " ? Une éthique du care globale est-elle possible à l'heure des migrations transnationales ? Réunies pour la première fois, trois féministes et pionnières de la théorie et de l'éthique du care, la psychologue Carol Gilligan, la sociologue Arlie Hochschild et la politiste Joan Tronto, apportent leurs éléments de réponse avec, en ligne de mire, une injonction : encourager chacun à prendre ses responsabilités pour agir contre l'indifférence des privilégiés. Un événement intellectuel.
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Ce mémoire analyse les relations entre la participation aux programmes de microfinance et les processus d'empowerment des femmes. Au moyen d'une étude de cas à portée comparative de deux institutions de microfinance asiatiques, la Grameen Bank du Bangladesh et Self Employed Women's Association (SEWA) en Inde, j'examine, en fonction des données secondaires déjà publiées, dans quelle mesure ces institutions ont un effet sur les processus d'empowerment des participantes. J'analyse précisément les effets en regard de six dimensions de l'empowerment (économique, socioculturelle, familiale/interpersonnelle, juridique, politique et psychologique) se manifestant au niveau personnel ou du ménage et au niveau de la communauté. Enfin, j'étudie dans quelle mesure, ces effets sont modulés par le contexte d'action des institutions et par le type d'approche qui encadre la mise en oeuvre de leurs programmes de microfinance.
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Les positions féministes libérales et radicales sont à l'origine de la plupart des travaux relatifs à la prostitution. La première appelle au droit de se prostituer, tandis que la seconde considère la prostitution comme une exploitation. La binarité de ce débat mène à sa stérilité, puisque ne pouvant s'entendre sur la meilleure perspective d'analyse ou sur l'option législative à privilégier, la lutte pour les droits des personnes prostituées est paralysée par une bataille pour l'accès à l'espace public. Or, afin de pouvoir faire la promotion d'une option législative particulière en matière de prostitution, tout en partageant l'espace public avec les adversaires de cette même option, les parties du débat devraient s'engager dans une démarche visant à contribuer éthiquement au débat, sans pour autant renoncer à leur position. Ainsi, afin de briser cette dichotomie, Majo Hansotte fournit un outil méthodologique efficace, celui des « intelligences citoyennes ». À l'aide de l'exemple de la loi suédoise en matière de prostitution, il devient plus facile de voir comment il est possible de critiquer une loi ou une position idéologique, sans devoir y renoncer. Ainsi, l'intelligence argumentative nous permet d'analyser les arguments sur la prostitution et ceux utilisés pour promouvoir la loi suédoise. Ensuite, l'intelligence narrative nous permet de voir comment les récits des personnes prostituées sont récupérés à des fins politiques. L'intelligence prescriptive, pour sa part, relève les perspectives d'avenir portées par la loi. Finalement, l'intelligence déconstructive, en nous invitant à chercher les codes et les lieux d'enfermement contenus dans le langage sur la prostitution et dans les lois, permet l'ouverture à d'autres formes de militantisme pour défendre les droits des personnes prostituées. En appliquant cette démarche au débat sur la prostitution à l'aide de l'exemple de la Suède, la possibilité d'un débat plus éthique est donc envisagée. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Prostitution, loi suédoise en matière de prostitution, espace public, intelligences citoyennes
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This work is a feminist critique of modern political theory. The author sets out to show how the failure to apply theories of justice to the family not only undermines democratic values but has led to a major crisis over gender-related issues.