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« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es ». Cette recherche part du postulat que l'identité des mangeurs peut se lire à travers ce qu'ils ingèrent, comment ils l'ingèrent et pourquoi ils l'ingèrent. En d'autres termes, les alimentations permettent aux hommes et aux femmes du Moyen-Âge d'afficher leur appartenance à un groupe social, voire à un genre, à travers des éléments de distinction. L’étude de ces derniers dans le cadre de l’alimentation permettant alors, dans un mouvement inverse, de révéler les systèmes hiérarchiques qui prévalent à cette époque. Cette analyse vise donc à aiguiser notre regard sur les sociétés médiévales du XIIe au XIVe siècle à travers les alimentations de l'Occident chrétien et de l'Andalousie musulmane au prisme du genre. Il s'agit ainsi de s'inscrire dans le sillage des historiens du genre et de l'alimentation en questionnant le genre des aliments, l'identité des mangeurs et plus généralement les rapports de sociaux de sexe qui s'articulent autour du fait alimentaire. De ces interrogations découle la problématique suivante : dans quelle mesure le fait alimentaire constitue-t-il un vecteur de différenciation des sexes à l'époque médiévale en Occident chrétien et en Andalousie musulmane? Plusieurs sources ont été défrichées pour mener à bien cette analyse. Pour le volet diététique, les traités de Hildegarde (XIIe siècle) et de Ibn Halsun (XIIIe) ont fait l’objet d’une analyse lexicométrique, articulée pour l’essentiel autour de la notion de genre et qui a permis de mettre en lumière la prévalence de la théorie des humeurs dans les représentations de genre des savants médiévaux musulmans et chrétiens. À cette analyse discursive, s’est ajoutée une étude des pratiques qui entourent les boissons et les aliments et les cadres socio-culturels de leur consommation. Des sources juridiques et littéraires, autant que des documents iconographiques ont constitué un levier de connaissance substantiel qui a permis d’évaluer, dans une perspective intersectionnelle, la prégnance des critères sociaux de classe sur la commensalité féminine en Europe chrétienne comme en Andalousie musulmane. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Moyen-âge; femmes; genre; alimentation; Occident; islam; christianisme
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Ce mémoire s’intéresse au développement d’une conscience internationaliste au sein des mouvements féministes canadiens durant la décennie 1960, ainsi qu’aux différents réseaux de solidarité construits dans l’espoir de mettre en pratique ces idéaux. À travers l’étude des principales conférences féminines internationales organisées au Canada durant la période, nous cherchons à comprendre comment et pourquoi les féministes canadiennes ont construit des coalitions féministes par-delà les frontières culturelles, politiques ou géographiques. Cette démarche permet d’identifier trois grandes phases du développement de l’internationalisme féministe. Au début des années 1960, l’idéal internationaliste se construit autour de la thématique de l’amitié. Cette politique s’incarne dans le déploiement d’un contingent international de femmes chargées de faire la promotion d’un « esprit de paix » auprès des États masculins et belliqueux ; on espère que les femmes puissent oeuvrer à titre de médiatrices pour éviter l’éclatement d’un conflit nucléaire. Au milieu de la décennie, le projet est reformulé dans les termes de la solidarité. L’internationalisme féministe se donne pour mission de soutenir les luttes pour la libération des peuples colonisés et prend la forme d’un mouvement social de femmes anti-impérialistes. Finalement, au tournant des années 1970, de nouveaux projets internationalistes sont formulés autour du thème de la sororité. Évoquant la recherche d’un lien qui permettrait d’unir les femmes dans un mouvement de résistance et d’émancipation efficace, les discours sur la sororité globale reflètent les tiraillements d’un mouvement mué par l’urgence d’articuler les différentes subjectivités des femmes pour organiser une opposition massive à l’impérialisme américain. L’étude de ces trois phases permet de dresser le portrait d’un mouvement féministe hautement préoccupé par les enjeux géopolitiques propres à la décennie 1960 : ses structures et ses discours s’adaptent, tout au long de la période, pour faire face aux problèmes urgents que posent la Guerre froide, la décolonisation et la guerre du Vietnam. Notre démarche propose également de repenser le rôle des conflits dans la construction des solidarités féministes : l’enjeu des nombreux axes de divisions entre femmes est au coeur des préoccupations du mouvement. Nous soutenons que c’est justement pour répondre aux défis d’un monde profondément divisé que l’idée d’une solidarité féministe émerge comme moyen de construire des coalitions efficaces à même la différence. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : féminisme, pacifisme, histoire transnationale, amitiés internationales, solidarité, sororité, Guerre froide, décolonisation, Guerre du Vietnam, Voix des femmes (VDF), Voice of Women (VOW), Mouvement de libération des femmes, Women’s Liberation Movement
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Colette (Édouardina) Lesage rédige le « Courrier de Colette » de 1903 à 1956 dans La Presse. Ce mémoire a pour but d’étudier comment sont construits les discours de genre contenus dans le Courrier, section du grand quotidien d'informations faite par, pour et sur les femmes. Nous voulons d’abord retracer le parcours personnel et professionnel de Colette afin de la remettre en contexte et de lui restituer sa place dans l’histoire de la presse et des femmes. Selon l’observation de notre échantillon, la forme du « Courrier de Colette » se transforme sur quatre périodes. De 1903 à 1909, il s’agit d’un espace littéraire. De 1910 à 1921, les questions et réponses sont courtes et rapides. De 1922 à 1929, le Courrier est en transition afin de devenir, à partir des années 1930, un véritable courrier du cœur, où des correspondantes expriment leurs inquiétudes et où la journaliste leur répond en détail. En utilisant l’analyse de contenu et le concept de genre, nous relevons les thèmes principaux du Courrier, dépassant largement ceux attribués habituellement à la presse féminine. Nous déterminons ensuite la place des prescriptions normatives comme reproductrices des stéréotypes de genre. Dans la dernière partie, nous portons notre attention sur les lectrices et leur négociation de l’espace public qu’est la page féminine de Colette. Le « Courrier de Colette » peut être considéré comme une communauté imaginée et virtuelle où un dialogue s’établit entre les lectrices et entre celles-ci et la journaliste. Par leurs lettres, les correspondantes font preuve d’agentivité afin de publier leurs préoccupations privées et leur vécu de femmes, mis en récit, par elles-mêmes dans leur lettre, et par la courriériste dans ses choix éditoriaux. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : La Presse, presse féminine, histoire, Colette, Courrier du cœur, lectrices, genre, discours, agentivité
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Le présent mémoire s'intéresse aux mutations nominales chez les habitant·es des Premières Nations des communautés de Wendake et Kahnawake. En étudiant les registres des mariages qui y sont célébrés ainsi que d'autres sources de différentes natures, il nous a été possible de circonscrire les périodes de transition et d'identifier certains facteurs potentiels ayant pu causer ces transformations. La recherche s'intéresse ainsi à deux périodes de transition distinctes, respectivement à la fin du XVIIIe siècle pour Wendake et durant la première moitié du XXe siècle pour Kahnawake. Durant ces périodes, la vaste majorité des membres des deux communautés de tradition matrilinéaire abandonnent leurs noms uniques iroquoiens pour adopter des noms européanisés et la patrilinéarité. Ces deux transformations se distinguent de nombreuses façons, mais semblent toutes deux se manifester dans un processus de co-intégration culturelle. Il nous semble que l'importance de ces transformations a été historiquement sous-estimée et trop rarement documentée, particulièrement en regard de l'importance sociale de la transmission matrilinéaire sur le fonctionnement social et la valorisation des rôles sexués dans les communautés Mohawk et Huronne-Wendat, toutes deux réputées traditionnellement matrilinéaires. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Kahnawake, Wendake, Mohawk, Huron-Wendat, nom unique, patronyme, nom de famille, genre, race, mutation nominale, transformation nominale, transformation patronymique, nom clanique, matrilinéarité, patrilinéarité, clanisme
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Cette dissertation se penche sur les interactions entre le jazz, l'identité, la nation et la modernité durant le soi-disant âge d'or du jazz à Montréal (1925-1955). À la croisée de la musicologie, des études de la condition féminine (études féministes noires et méthodes de recherche féministes en particulier), des études des médias et des études culturelles, je propose une réécriture critique de l'histoire du jazz montréalais, attentive au rôle que les femmes racisées et ethnicisées ont joué dans le développement de la scène jazz, et plus largement dans la formation des identités, des plaisirs, et des sons de la modernité québécoise. Le statut particulier de Montréal comme ville-spectacle en fait un riche laboratoire pour étudier les relations de collaboration créative entre les artistes (musiciens.ennes, chanteurs.euses, danseurs.euses) actifs sur le circuit du spectacle de variété noir du début du XXe siècle. Cette recherche met également en lumière la relation discursive qu'entretiennent le jazz et le vice dans l'entre-deux-guerres québécois, en particulier quant à l'incarnation sexuée et racisée de la moralité. Finalement, cette dissertation présente la première écoute critique ainsi que les premières notes biographiques détaillées d'artistes féminines de jazz montréalaises telles que les pianistes Vera Guilaroff et Ilene Bourne, des ensembles féminins comme les Sœurs Spencer et le Montreal Melody Girls Orchestra, des danseuses et chanteuses de variété noires telles que Tina Baines Brereton, Bernice Jordan Whims, Mary Brown, Natalie Ramirez, et Marie-Claire Germain, ainsi que l'enseignante de piano Daisy Peterson Sweeney et les enseignantes de danse Ethel Bruneau et Olga Spencer Foderingham.
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Tout au long de leur développement, le Canada et le Québec ont connu de nombreuses vagues d'immigration constituées principalement de personnes en provenance d'Europe. Toutefois, à partir de la fin du XIXe siècle, on voit apparaître des groupes de personnes en provenance de l'Asie et du Proche-Orient. À travers notre recherche, nous avons exploré l'immigration syrienne qui a eu lieu à Montréal au tournant du XXe siècle. Dans les quelques travaux qui ont été réalisés sur la communauté syrienne de Montréal, l'ethnie est souvent l'unique grille d'analyse. La communauté n'est étudiée qu'à travers la religion, le lieu d'origine et la transmission de l'héritage culturel et traditionnel. Afin d'enrichir le corpus d'études existant sur cette communauté, nous étudions l'articulation des stratégies d'intégration des membres de la première génération d'immigrants syriens à Montréal entre 1890 et 1945. Les immigrantes et les immigrants sont des acteurs qui traversent les frontières, qui mettent en place des stratégies tout au long du processus migratoire et qui construisent divers réseaux. Ils ne sont pas uniquement mus par le marché du travail ou par les traditions culturelles; ils développent des stratégies dans leur pays d'origine et tout au long de leur établissement dans la société d'accueil. Ainsi, dans un premier temps, nous avons examiné la société et le milieu duquel ils proviennent afin de circonscrire les facteurs qui les ont amenés à amorcer leurs plans migratoires. Dans un deuxième temps, grâce aux recensements canadiens et aux annuaires Lovell, il a été possible de dresser un portrait de l'évolution de l'installation des Syriens à Montréal. Dans un dernier temps, cette recherche révèle que les stratégies d'intégration dans le pays hôte s'articulent principalement autour de deux axes. D'une part, c'est autour des multiples réseaux sociaux mis sur pied par les membres de la communauté syrienne; de l'autre, par la mobilisation et la résistance politiques qui ont ponctué leur histoire au fil des décennies. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Histoire, Montréal, Immigration, Syriens, Stratégie, XXe siècle, Régulation, Réseaux.
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Le début du XXe siècle marque les premiers balbutiements de l'intérêt des féministes canadiennes pour la traite des femmes. Les féministes canadiennes découvrent un scandale international, la traite des blanches ; l'idée d'un trafic mondialisé de jeunes filles mineures enlevées et exportées dans le monde à des fins de prostitution forcée. L'apparition de cette préoccupation fait suite à l'impulsion d'une fédération féministe internationale, le Conseil International des Femmes (le CIF – fondé en 1888). Son association canadienne affiliée, le National Council of Women of Canada (créé en 1893) suit le mouvement et met lui aussi en place en 1904, un comité, nommé « le Comité pour la Suppression de la Traite des Blanches » et présidé par Amelia Gordon jusqu'en 1914. Nous verrons comment ce comité canadien s'approprie cette problématique et les réponses et réactions qui ont été développées. Notre source, les comptes-rendus du comité publiés chaque année, nous permettra d'analyser les réseaux et influences entourant le comité, l'imaginaire de la traite, ainsi que les actions proposées, pendant le mandat d'Amelia Gordon. Nous montrerons que le comité privilégie la prévention et l'encadrement de la jeune femme, plutôt que le sauvetage et la réhabilitation des femmes prostituées. Cela irait dans le sens de l'historiographie. La traite des blanches y est présentée comme un instrument de « contrôle social » envers la jeunesse féminine. Pourtant, cette approche plutôt oppressive est combinée à des revendications plus égalitaristes : l'égalité entre les hommes et les femmes dans la morale sexuelle, dans l'exercice de la justice, ainsi que dans le travail, avec la demande pour l'ouverture de nouveaux emplois féminins, comme le métier de femme policière. Cette recherche aspire à mieux saisir la complexité de ce féminisme maternaliste canadien, à partir d'un aspect encore inédit : la mobilisation contre la traite des blanches. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : féminisme, Canada, traite des blanches, traite des femmes, prostitution, moralité, Tournant du XXe siècle, jeune fille moderne.
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Ce mémoire aborde la place occupée par les catégories de sexe dans les interventions gouvernementales québécoises concernant la pratique sportive de 1979 à 2013. Au début des années 1960, le gouvernement du Québec, qui s'inspire d'une philosophie occidentale favorisant un « droit au loisir », se pose comme un acteur de premier plan dans le développement des sports dans la province. Notre démarche vise donc à analyser les préoccupations concernant l'égalité dans la participation sportive entre les femmes et les hommes dans les politiques québécoises en matière de sport publiées de 1979 à 2013. De 1979 à 1989, l'influence d'un courant de pensée à la fois libéral et féministe est certainement un facteur important pour expliquer que l'égalité entre les femmes et les hommes dans les sports occupe une place significative dans les politiques en matière de sport du gouvernement provincial. De 1989 à 2013, les préoccupations entourant l'égalité entre les sexes dans les politiques en matière de sport au Québec diminuent considérablement. Pourtant, des organismes publics et issus de la société civile dénoncent toujours des inégalités importantes pour les femmes évoluant dans les milieux sportifs. Une étude approfondie des politiques institutionnelles et du contexte sociopolitique permet de constater que la conception de l'égalité épousée par ces gouvernements ainsi que la montée du néolibéralisme sont au cœur des transformations qui font en sorte que l'État soit moins préoccupé par le rôle joué par les rapports sociaux de sexe dans les sports. Notre mémoire montre une transformation du rôle du gouvernement du Québec à l'égard de l'égalité entre les femmes et les hommes dans les sports. Globalement, cette évolution se traduit par une compréhension limitée de l'impact des rapports sociaux de sexe sur la présence des femmes dans les sports et par une remise en question des moyens mis de l'avant pour favoriser un « droit au loisir » pour tous et pour toutes. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : 1979-2013, sport, loisir, féminisme, gouvernement, Québec, idéologie, égalité, équité, politiques gouvernementales, femmes, rapports sociaux de sexe.
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Le 6 décembre 1989, quatorze femmes sont tuées à l'École polytechnique de Montréal par Marc Lépine, un homme qui se dit en guerre contre les féministes. Notre recherche analyse la place du féminisme dans la mémoire collective de cette tuerie telle que construite par des quotidiens à grand tirage (La Presse, Le Devoir, The Globe and Mail) et des journaux étudiants de l'Université de Montréal (Le Continuum et Le Quartier Libre). Notre corpus couvre deux périodes, soit les années 1989-1990 et 1999-2000. Nous analysons les différents discours de la mémoire collective, ainsi que le traitement des commémorations, dans leurs relations d'opposition et de complémentarité. Nous poursuivons l'hypothèse que malgré les variations dans le temps - découlant de l'observation des rapports de force à des moments clés (1989-1990, 1999-2000) -, les discours féministes seront marginalisés, évacués ou récupérés au profit d'interprétations qui ne remettent pas en question le statu quo de la hiérarchie masculine. Par exemple, l'accent sera mis sur l'arme à feu et sur la psychologie de Marc Lépine, plutôt que sur la nature sexiste de son geste meurtrier. Nous observerons également l'évolution de la mémoire collective, dix ans après la tuerie, dans le contenu des articles, dans les traitements des commémorations pensées en tant que lieux de mémoire imprimés, figés et éphémères et dans les témoignages publiés. L'analyse comparative des deux périodes permet de constater que le rapport de force des féministes est parvenu à influencer quelque peu l'expression de la mémoire collective lors du dixième anniversaire de la tuerie. Pour mener à bien notre démonstration, nous utilisons une grille d'analyse féministe de manière à comprendre les rapports sociaux de sexe qui s'inscrivent à l'intérieur des médias étudiés (soit 555 articles de journaux), ainsi que le contexte social au sein duquel se développe la mémoire collective. De plus, nous nous inspirons des travaux d'auteures et d'auteurs qui pensent la mémoire collective comme le résultat de forces en conflit. En plus de constituer la première étude historique sur le sujet, notre recherche enrichit la discipline par notre approche féministe des médias pensés en tant que lieux et vecteurs de mémoire collective, et par notre innovation conceptuelle au sujet d'une mémoire collective créée dans l'immédiateté. Notre recherche a également permis de démontrer que l'attentat contre les femmes de l'École Polytechnique se révèle un sujet ouvrant des perspectives de recherches importantes en histoire du féminisme, des femmes et du Québec. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Féminisme, mémoire, médias, 6 décembre 1989, antiféminisme
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Les cinq chansons francophones en tête des palmarès radio et de ventes québécois pour la période comprise entre 1960 et 1990 ont en très forte majorité pour thème central l'amour. Or, comme le souligne Geneviève Sellier à propos du cinéma,"le privilège accordé aux"histoires d'amour" rend nécessaire l'utilisation des théorisations concernant les rapports sociaux de sexe" 1. Ainsi, étudier à la lumière de la notion de genre les paroles des chansons les plus consommées annuellement s'impose. Cette analyse est d'autant plus nécessaire que ces trois décennies ont été marquées par la libération sexuelle et les mouvements féministes, éléments annonciateurs de bouleversements des identités sexuées. Nous tenterons d'évaluer comment, à travers le thème des rapports amoureux, la chanson populaire francophone consommée au Québec représente les identités sexuées entre 1960 et 1990. Nous constaterons que le thème des rapports amoureux s'est fortement modifié au cours de la période. On assiste au déclin du"mythe du Prince Charmant". Toutefois, l'hétéronormativité, loin d'être remise en question dans les chansons, tend à être accentuée au cours de la période. Si au niveau des rapports amoureux, la chanson populaire reflète certains bouleversements en cours dans la société québécoise, elle est loin de remettre en question les catégories homme-femme. L'érosion du mythe de l'amour n'a pas permis de mettre fin à la bicatégorisation dans la chanson, malgré une plus grande souplesse des représentations des identités sexuées. 1 Geneviève Sellier,"Une histoire du cinéman avec les femmes est-elle possible?", dans Anne-Marie Sohn et Françoise Thélamon dir., L'histoire sans les femmes est-elle possible ?, [S. I.] Perrin, 1998, p. 143.