Votre recherche
Résultats 83 ressources
-
Ce travail de recherche s’attarde à répondre aux deux questions suivantes : d’abord, comment les jeunes femmes québécoises ayant des relations sexuelles avec des hommes perçoivent-elles l’influence des mouvements de dénonciations qui ont eu lieu dans les dernières années? Ensuite, qu’est-ce qui caractérise les réflexions sur leur agentivité sexuelle de ces jeunes femmes? S’inscrivant dans le contexte de la multiplication des mouvements de dénonciations de violences sexuelles, cette recherche tente de voir l’impact perçu que ces mouvements, et le contexte social particulier qui en résulte, peuvent avoir sur les jeunes femmes qui ont vécu leur entrée dans la sexualité dans ce contexte. L'objectif est de comprendre l’agentivité sexuelle de ces jeunes femmes telle qu'elles la vivent, et comment celle-ci est négociée dans un contexte hétéropatriarcal. J'explore également de quelles façons ces jeunes femmes, après ces campagnes médiatiques de sensibilisation, incorporent des éléments de cette culture contestataire dans leurs réflexions. À l’aide de questionnaires et d’entretiens semi-dirigés auprès de 8 jeunes femmes, nous avons recueilli des données sur ce sujet. Les résultats ont été interprétés à la lumière de la littérature sur l'agentivité sexuelle des femmes, dans une perspective féministe critique de l'hétérosexualité comme rapport de domination des hommes sur les femmes. Les résultats nous montrent que l’agentivité sexuelle se développe progressivement, au fil des expériences des jeunes femmes interrogées. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : agentivité sexuelle, jeunes femmes, hétérosexualité, sexualité des femmes, patriarcat, dénonciations en ligne
-
Cette recherche porte sur le mouvement radical contre l’austérité de 2015 au Québec. Nous cherchons à comprendre comment les récits militants sur cette mobilisation se sont formés. La recherche repose sur une enquête qualitative avec neuf entrevues non dirigées. Celle-ci met en perspective la centralité de la répression vécue ainsi que le rôle du conflit entre les comités Printemps 2015 et l’ASSÉ. Nous nous basons sur ces entrevues pour comprendre comment le processus de cadrage du mouvement radical contre l’austérité s’inscrit dans les récits des participant·es. En retrouvant quatre récits types, notre travail contribue à la typologie de Beckwith (2015). En effet, la défaite comme maintien ou renforcement des injustices est un nouveau type de récit produit par des militantes. Ces narratrices apportent un nouveau type de récit dû à leur multipositionnalité dans le mouvement contre l’austérité et le mouvement féministe. Cette recherche est une invitation à approfondir les récits des mouvements sociaux en relation aux rapports de pouvoir et à l’expérience militante vécue et située. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : mouvement étudiant, Printemps 2015, militantisme, mouvement social, processus de cadrage, récits, Québec.
-
Extreme metal is a masculine space, yet more and more women join in. They face a contradiction: as women, they are expected to adopt feminine behaviours; however, they are part of a subculture that valorizes warrior masculinity. I sought to understand the gender expectations of the Montreal extreme metal scene and interpret the contradictions encountered by women in this scene with the help of Schippers’ (2007) theoretical framework on gender. To do so, I conducted 16 individual interviews with women and men who take part in the scene. This research fills a gap in the literature on gender that derives from Connell and Schippers’ writings and addresses issues that the field of metal studies has brushed over. I found that metal men are the “default” participants in the scene. They are expected to be fine music connoisseurs and even become musicians. In contrast, women’s presence is heterosexualized and attributed to a romantic or sexual interest in metal men. Women are suspected of being “poseuses” or groupies with no real interest in the music until proven otherwise. To become legitimate participants, they have to overcome those expectations and prove that they are worthy of being viewed through the prism of masculinity rather than femininity. They do so by proving their exceptionality through manhood acts and distancing themselves from other women. Despite their gender transgressions, women’s presence does not fundamentally question gender relations but reaffirms the overall primacy of masculinity over femininity.
-
Alors qu’on associe généralement la peur à des réflexes tels que la fuite, l’inhibition ou la démobilisation lorsqu’il est question de militantisme, cet article examine comment cette émotion peut parfois stimuler l’engagement de militantes féministes. Située au croisement des approches « actionnistes » (Bernard, 2017) des émotions, de la sociologie des mouvements sociaux et de la sociologie féministe, la discussion proposée s’inspire de 87 entretiens semi-dirigés réalisés entre 2006 et 2015 à travers le Québec, et d’une comparaison entre les milieux féministes suisses romands et québécois grâce aux 31 entretiens réalisés en 2018 et 2019 dans ces deux régions. En tenant compte des niveaux macro, méso et micro de l’analyse, l’article interroge les effets contrastés de la peur sur l’engagement féministe selon le positionnement des actrices dans les rapports sociaux de race, de classe et de sexualité, mais aussi selon les origines de la peur (intra ou extra mouvement), son degré d’intensité, ses interactions avec d’autres émotions (dont la colère) et le travail émotionnel (Hochschild, 2012) des féministes interrogées. L’article brosse ainsi un portrait des causes de la peur chez les féministes pour ensuite analyser les séquences émotionnelles les plus récurrentes en vue de mettre en relief diverses combinaisons émotionnelles et leurs effets sur l’engagement des féministes.
-
Dans le but de documenter la transformation des normes sexuelles et de genre, dans un contexte d’émergence de mouvements féministes dénonçant les violences genrées, ce mémoire explore l’imaginaire télésériel québécois. La présente recherche s’intéresse spécifiquement aux représentations contemporaines des violences sexuelles contre les femmes dans les téléséries québécoises à grand public au Québec, en analysant trois créations télésérielles : Fugueuse, Les Simone et Le monstre. En mobilisant la théorie des scripts sexuels de William Simon et John H. Gagnon, cette étude de cas se demande si on peut observer des transformations dans les représentations télévisuelles des violences à caractère sexuel contre les femmes, en concomitance avec les mouvements et actions politiques de dénonciation et, le cas échéant, quelles sont ces transformations. Il s’agit d’abord de questionner les représentations actuelles des violences sexuelles contre les femmes dans les téléséries à grand public au Québec, à l’aune des scripts sexuels traditionnels. Cela afin d’observer si ces images témoignent d’une recomposition des scripts sexuels. Plus précisément, cette recherche s’interroge sur les éléments des scripts traditionnels qui se retrouvent dans ces images et se demande quels sont ceux qui attestent d’une redéfinition des récits télévisuels. En suivant une démarche qualitative déductive et inductive, une analyse thématique de données télévisuelles a été effectuée pour répondre aux questions de recherche. Cette analyse a permis d’établir que les scripts traditionnels sur les agressions sexuelles dans les représentations télésérielles au Québec sont en cours de recomposition. On constate que certains scripts traditionnels ne sont plus présents, alors que d’autres se prolongent et coexistent avec des scripts inédits au sein d’un même récit. L’analyse a ainsi mis en lumière une diversification des scenarios sur les agressions sexuelles, en exposant la présence de récits alternatifs s’éloignant des histoires archétypales sur le viol, bien que cela n’implique pas nécessairement un changement de paradigme dans la compréhension populaire du phénomène des violences genrées. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Violences sexuelles contre les femmes, scripts sexuels, post-féminisme, téléséries à grand public, culture populaire, culture du viol.
-
The current study explored sexual minority women’s gender aesthetic and style by using van Anders’ (2015) sexual configurations theory (SCT), which allows for nuance in the measurement of gender/sex research. Previous research on sexual minority women has suggested a markedly masculine “Lesbian Aesthetic” (Huxley et al., 2014) and has connected aesthetic expression to internalized homophobia and levels of outness such that sexual minority women categorized as more feminine report higher rates of internalized homophobia and identity concealment. However, the bulk of past research used dichotomous measures of assessing gender and predated an ostensible shift in LGBTQ+ identities. To update this body of research, the current study explored gender aesthetics by asking sexual minority women to map their gender expression using SCT diagrams and complete measures of outness and internalized homophobia. We found no significant group differences in internalized homophobia or outness for femme, butch, and androgynous participants. Content analyses of gender diagrams suggest that the gender aesthetics of sexual minority women are neither monolithic nor masculine but may be beginning to lean towards the feminine and most certainly encompass a complex and diverse range of expressions
-
Although environmental justice researchers have long been interested in the connections between disaster recovery, gender, and home- and community-based care, the consequences of the post-disaster performance of emotional labor by workers in care occupations have largely gone unnoticed. To address this gap in the environmental injustice literature, in this exploratory article we employ a feminist analysis of firsthand accounts of elementary educators' professional and personal experiences caring for their students in the Florida Keys after Hurricane Irma. We find that caring labor was increasingly necessary in the post-disaster context, both inside and outside the classroom. Teachers and other care professionals in feminized occupations may, therefore, perform an emotional double duty, supporting their students' emotional needs while also contending—as working- and middle-class individuals—with the personal consequences of disaster. We suggest that these educators may bear an unrecognized and undercompensated disproportionate burden at the intersection of class and occupational status. Because of this, we introduce an underexplored component to the racialized disaster patriarchy and intersectional disaster research: feminized occupational status. Inspired by environmental justice research legacies developed in the wake of earlier Gulf Coast disasters, we draw attention to the contributions of these absolutely essential recovery workers and how they may experience environmental injustice even as they contribute to others' recovery. Our goals are to promote recognition and fair distribution of burdens, encourage research into the contours of environmental justice and care work, and support the development of more just planning, training, and compensation regimes.
-
Ce mémoire porte sur l’itinérance chez les femmes autochtones et plus précisément, sur les trajectoires d’errance et la capacité d’agir de ces femmes dans un contexte de vulnérabilité. Les constats de base ayant motivé ce choix sont, d’une part, le peu d’études relatives aux femmes autochtones en situation d’itinérance au Québec et d’autre part, les représentations sociales négatives, stéréotypées et homogénéisantes véhiculées sur ces femmes. À cela s’ajoute ensuite les différents facteurs individuels, structurels et institutionnels ainsi que l’historique de colonisation venant fragiliser cette population. Ces différents éléments les rendent davantage vulnérables à vivre une situation d’itinérance au cours de leur vie. Ce mémoire s’inscrit dans le cadre de la recherche participative et interrégionale Rendre visible l’itinérance au féminin (Bellot et al., 2015-2017). Les données utilisées proviennent d’entrevues qualitatives semidirigées réalisées auprès de sept femmes autochtones vivant ou ayant vécu une situation d’itinérance au cours de leur vie, et rencontrées à Montréal. Les résultats permettent de dresser dans un premier temps un portrait des trajectoires des femmes et de faire ressortir les différents facteurs individuels, structurels et institutionnels ayant influencé leur parcours. Il s’agit des mécanismes structurels perturbateurs renvoyant au passage en institution ainsi qu’aux différentes discriminations et leurs conséquences, puis des multiples formes de violence vécues ainsi que des pertes associées. Dans la seconde partie, les différentes actions mobilisées par ces femmes dans un contexte de vulnérabilité sont présentées. Elles sont au nombre de quatre : les déplacements (notamment vers Montréal) dont le rôle essentiel est d’assurer leur protection; la fréquentation des ressources permettant aux femmes de subvenir à leurs besoins lors de leur situation d’itinérance; le vécu à la rue et les différentes modalités de débrouille; le retour à la stabilité. C’est ensuite en considérant que les individus ont chacun un pouvoir d’action, influencé à la fois culturellement et par l’environnement, qu’il est possible d’identifier les « agirs » des femmes autochtones en situation d’itinérance. Il est ainsi possible de voir que les contextes de vulnérabilité sont aussi propices à l’action et que, bien que ces actions ne correspondent pas aux normes en vigueur, il est toujours possible d’agir et d’agir autrement (Martucelli, 2006) et que celles-ci peuvent être influencées par la dimension culturelle de l’individu. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : femmes, autochtones, itinérance, discriminations, violence, ruptures, vulnérabilisation, colonialisation agir, pouvoir, actions, culture
-
Les athlètes femmes de haut niveau sont inégalement traitées par rapport à leurs homologues masculins, en particulier lorsqu’elles s’inscrivent dans des disciplines traditionnellement masculines. Face à ce constat, nous avons décidé de nous intéresser aux parcours de joueuses de hockey de haut niveau au Québec. La question qui constitue la toile de fond de ce travail est : comment les joueuses de hockey sur glace de haut niveau composent avec les obstacles qu’elles rencontrent au fil de leur carrière sportive? Un cadre théorique original composé du concept de carrière et de la perspective des rapports sociaux de sexe a été choisi afin d’appréhender ces obstacles comme des manifestations des inégalités de sexe qui traversent, structurent la sphère sportive et ont un impact sur l’accès des femmes au sport et sur sa pratique. Dans le but de connaître le contexte idéologique dans lequel les sportives évoluent au Canada, des analyses secondaires de données quantitatives concernant les femmes et le sport ont été réalisées. Les résultats montrent qu’environ un tiers de la population canadienne exprime des opinions sexistes envers le sport féminin et que les filles sont peu encouragées à pratiquer le hockey sur glace. Afin de comprendre quels sont les obstacles que les hockeyeuses rencontrent au fil de leur carrière et comment elles les surmontent, des entrevues ont été effectuées avec 10 joueuses et anciennes joueuses de hockey de haut niveau au Québec. L’analyse des récits de leurs trajectoires a permis de montrer que le type d’obstacles évolue au cours de leur parcours. À leurs débuts, des obstacles d’ordres interpersonnels ponctuent leur pratique en équipe masculine. À leur entrée dans le hockey professionnel, les obstacles rencontrés sont avant tout d’ordre matériel. Par ailleurs, la quête de légitimité et le manque de reconnaissance s’inscrivent en toile de fond de la quasi-totalité de leur carrière. Ce mémoire confirme les constats des travaux critiques sur les femmes athlètes de haut niveau dans des sports traditionnellement masculins et contribue, grâce à une méthodologie originale, à mieux comprendre les obstacles auxquels sont confrontées les joueuses de hockey de haut niveau au Québec au fil de leur carrière sportive. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : sport de haut niveau, inégalités entre les femmes et hommes dans le sport, femmes dans le hockey sur glace, femmes dans le sport de haut niveau, carrière sportive, rapports sociaux de sexe, attitude, opinion, socialisation, carrière déviante
-
En 2003, dans le quartier Ste-Louise, des femmes aspirant à améliorer leurs conditions de logement se réunissent pour jeter les premières pierres d'une coopérative d'habitation pour femmes vivant seules âgées de 50 ans et plus. Dix ans plus tard, la coopérative accueille ses premières résidentes; ce mémoire porte sur le rapport à l'espace d'une partie de ces femmes qui habitent présentement La Luciole. En fonction d'un cadre théorique problématisant le rôle de l'espace dans la (re)production des rapports sociaux sexe, les objectifs du modèle coopératif québécois en habitation sont revisités pour inclure une réflexion critique sur l'occupation sexuée des espaces et la division sexuelle du travail qui la sous-tend. Par le biais de l'analyse de 11 entretiens individuels réalisés auprès des résidentes, ce mémoire interroge le droit à la ville de ses femmes, ou plutôt leur droit à habiter l'espace, compris comme un droit collectif dont l'exercice est forcément structuré par les rapports sociaux. Après un retour sur les trajectoires résidentielles des participantes qui éclairent les dynamiques de pouvoir envers lesquelles la stabilité locative s'élève, l'analyse identifie ce qu’habiter entre femmes seules implique au quotidien et cible particulièrement les pratiques sociales de la solitude résidentielle et de la non-mixité. Finalement, la gestion active de la coopérative est examinée pour rendre visible le travail de care réalisé par les résidentes, ainsi que les représentations des hommes et des femmes générées par la mise au travail collective. L'existence de La Luciole suppose que certaines femmes veulent continuer à vivre seules pour vivre bien et que la hiérarchisation prescrite par la formule coopérative, à l'œuvre dans la division des tâches formelles, peut faire l'objet d'une contestation en vertu d'une réappropriation féministe de l'espace de son logement et de sa coopérative. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : coopérative d’habitation, division sexuelle du travail, droit à la ville, espace public, espace privé, non-mixité, rapports sociaux de sexe, solitude résidentielle, travail coopératif
-
Ce mémoire de maîtrise examine l’expérience de la reconnaissance sociale des hommes trans ayant vécu une grossesse. Il est question d’explorer la reconnaissance sociale de ces hommes dans un contexte culturel hétéro- et cisgenre- normatif, particulièrement lors de la construction d’un projet parental. Avec un cadre d’analyse féministe post-structuraliste et transféministe, il sera question du détachement entre l’identité physique (homme) et psychique (grossesse) (Riggs, 2013). Ainsi, une lecture critique du système parental québécois est effectuée comme étant essentialiste et dualiste(Hérault, 2014). Pour explorer ces réalités, la théorie de la reconnaissance sociale d’Axel Honneth est mise de l’avant; celle où il situe cette reconnaissance au croisement de trois sphères, soit l’amour, le droit et la solidarité sociale. Pour ce faire, il est question de réfléchir au-delà des phobies trans et homo. La méthodologie de cette recherche prend deux formes: dans un premier temps une recherche de la littérature existante dans plusieurs champs, soit les études féministes, les études trans et queer, ainsi que les études de la parenté et de la parentalité; dans un deuxième temps, trois entretiens semi-dirigés avec trois participants provenant de régions administratives différentes du Québec. De ce point de vue, il sera question de privilégier l’expertise des hommes trans à partir de leur expérience vécue (Heyes, 2003) en valorisant leurs savoirs-expérientiels. Ainsi, le croisement des données obtenues avec les recherches similaires effectuées ailleurs dans le monde permettra de confirmer les résultats. Cette recherche démontre une culture cisgenrenormative enracinée dans les lois et le sens commun au Québec. Cette non-reconnaissance de la spécificité des corps utérins s’inscrit dans la continuité des luttes féministes relatives à l’émancipation du corps. L’inintelligibilité des hommes trans vivant une grossesse est la démonstration du contrôle des corps utérins par le milieu médico-légal et inscrit ce dernier comme extension du patriarcat. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : grossesse, féminisme post-structuraliste, transféminisme, homme trans, reconnaissance sociale
-
Shows how reproductive justice organizations' collaborative work across racial lines provides a compelling model for other groups to successfully influence change Patricia Zavella experienced firsthand the trials and judgments imposed on a working professional mother of color: her own commitment to academia was questioned during her pregnancy, as she was shamed for having children "too young." And when she finally achieved her professorship, she felt out of place as one of the few female faculty members with children. These experiences sparked Zavella's interest in the movement for reproductive justice. In this book, she draws on five years of ethnographic research to explore collaborations among women of color engaged in reproductive justice activism. While there are numerous organizations focused on reproductive justice, most are racially specific, such as the National Asian Pacific American Women's Forum and Black Women for Wellness. Yet Zavella reveals that many of these organizations have built coalitions among themselves, sharing resources and supporting each other through different campaigns and struggles. While the coalitions are often regional-or even national-the organizations themselves remain racially or ethnically specific, presenting unique challenges and opportunities for the women involved. Zavella argues that these organizations provide a compelling model for negotiating across differences within constituencies. In the context of the war on women's reproductive rights and its disproportionate effect on women of color, and increased legal violence toward immigrants, The Movement for Reproductive Justice demonstrates that a truly intersectional movement built on grassroots organizing, culture shift work, and policy advocating can offer visions of strength, resiliency, and dignity for all.
-
À partir des dimensions spatiale, temporelle et musicale, ce mémoire expose les modalités de reconnaissance des improvisatrices de jazz dans les jam-sessions de Montréal. En se référant au concept de Jeu chez Mead, l'autrice montre que l'authentification des musiciennes en situation d'improvisation est le produit de la communication mise en forme par ce type d'interaction. Toutefois, le contexte des jam-sessions montréalais maintient un «entre-soi» masculin défavorable à la reconnaissance des musiciennes comme improvisatrices distinctes dans ce jeu musical. Ainsi, l'improvisation dans ces événements de jazz participe à la reconduction des inégalités de genre.
-
Cette étude traite du sentiment de justice pour les femmes racisées ou immigrantes victimes-survivantes de violence à caractère sexuel. Une réparation satisfaisante des violences passe notamment par un travail actif au sein des institutions étatiques pour transformer les structures de pensée, les structures matérielles, ainsi que relationnelles qui rendent possibles les VCS. Le sentiment de justice pour les victimes de VCS ne se contente pas de l'incarcération comme conséquence significative pour l'agresseur. Il concerne plus globalement la réduction des injustices vécues par les femmes, leur empowerment, la réparation du tort commis et la (re)construction de la confiance des victimes envers la société. Or, les injustices à l'égard des femmes se multiplient lorsqu'elles sont immigrantes ou racisées. Ces éléments semblent pouvoir être rencontrés par la valorisation de la parole des victimes, la reconnaissance sociale de la souffrance qui découle de leur victimisation, leur guérison et l'imposition de conséquences diverses aux agresseurs. La mise en œuvre de plusieurs approches en justice - qu'elles relèvent du système juridique ou non - favorise l'empowerment des victimes en leur offrant un réel choix dans leur façon de faire face aux violences qu'elles ont vécues. Les VCS étant un problème social, rendre justice aux survivantes s'avère être un processus social et collectif qui nécessite la participation des proches, des différentes instances de justice et des autres institutions étatiques (écoles, syndicats, employeur-es, hôpitaux, etc.)afin d'améliorer les conditions de vie de toutes les femmes. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : femmes racisées, femmes immigrantes, violence à caractère sexuel, justice, État, Empowerment, réparation
-
Ce mémoire s'intéresse aux représentations et aux définitions de la sexualité produites par la presse magazine grand public féminine et masculine. Il se propose d'interroger les discours sur la sexualité à partir de la problématique des rapports sociaux de sexe et par là même, d'éclairer l'une des dimensions de la pensée straight (Wittig, 1980) telle qu'elle se donne à voir aujourd'hui. La sexuation de la sexualité, sa construction socio-sexuée, soit la manière dont la sexualité se voit divisée et différenciée en sexualité féminine d'un côté et sexualité masculine de l'autre, et donnée comme un fait de nature, est ainsi au centre de l'analyse proposée. Souvent formulés au nom du progressisme, nombre .de discours contemporains sur la sexualité tendent à la présenter comme un espace d'égalité et d'émancipation, voire comme un domaine dissocié des rapports de pouvoir. Cette vision est portée dans les discours de sens commun aussi bien que dans les discours savants, à travers l'hypothèse d'une «démocratisation» de la sexualité. Ce mémoire vient au contraire montrer que les sexualités féminines et masculines font non seulement l'objet d'une distinction arbitraire, mais aussi de constructions asymétriques réactivant l'idée de nature (Guillaumin, 2016) appliquée à la sexualité. Au plan théorique, le questionnement s'appuie sur les théorisations féministes matérialistes de la sexualité. Ces dernières sont mises en relation avec les conceptualisations des régimes de représentations issues du courant matérialiste des Cultural Studies. Au plan méthodologique, la démonstration repose sur une analyse comparative d'un corpus de base de 200 articles traitant la sexualité de deux magazines féminins et de deux magazines masculins circulant au Québec sur le Web et sur une analyse de discours approfondie de 80 de ces articles. Ce mémoire dévoile d'abord que les savoirs psycho-médicaux, foyers de production de normes en matière de sexualité, se déploient différemment selon qu'ils traitent de sexualité féminine ou masculine, qu'ils prennent soin de séparer et d'opposer suivant l'idée de nature et l'idéologie de la différence des sexes. Il met ensuite en évidence le traitement asymétrique des corps, des désirs et des plaisirs sexuels des hommes et des femmes et analyse les pratiques prescriptives qui accompagnent les discours sur la sexualité dans les magazines étudiés. En conclusion, le mémoire discute de l'actualité des concepts féministes matérialistes pour penser la sexualité et les mécanismes idéologiques qui concourent à son organisation. Enfin, il revient sur les enjeux politiques et idéologiques des discours analysés en mettant à l'épreuve l'hypothèse d'une démocratisation sexuelle et en alimentant celle de l'assignation des femmes à la sexualité. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Sexualité, discours sur la sexualité, rapports sociaux de sexe, démocratie sexuelle, asymétrie de genre, presses magazines féminines et masculines, féminisme matérialiste, analyse de discours.
-
Ce mémoire s'intéresse aux usages sociosexués des corps dans le cadre du Grand Prix de Formule 1 du Canada. Il se penche sur la manière dont les corps sont utilisés dans le travail et par le fait même sexués, par le biais des outils, des tâches et des espaces auxquels ils sont assignés. À la suite de Tabet (1998) et Guillaumin (2016), il s'agit de cerner les modalités du rapport d'appropriation propres au Grand Prix, qui produit les corps des femmes comme objets-outils au service des hommes. Ce mémoire questionne la pertinence d'une analyse des usages sociaux des corps lors du Grand Prix de Formule 1 du Canada pour mieux saisir la dynamique d'appropriation physique spécifique au rapport social de sexe. Que peut apporter une telle analyse à notre compréhension du rapport entre corps et travail? Afin de répondre à cette question., plusieurs matériaux de recherche seront analysés:- scènes d'observation, images, questionnaires, offres d'emploi. Le premier chapitre présente la problématique qui s'est élaborée dans un premier temps sur le constat d'une sexualisation des corps féminins dans le cadre du Grand Prix. Ce constat a par la suite donné lieu à des questionnements sur les conditions préalables de cette sexualisation, ce qui m'a porté à chercher du côté de la littérature sur les usages sociaux du corps et plus particulièrement sur les moyens par lesquels les corps sont sexués. Un détour par la sociologie féministe montre-à voir comment les corps sont construits corps sexués par le biais du marquage corporel, des pratiques physiques et sportives, du travail. Ce mémoire s'appuie entre autres sur les analyses développées par Tabet (1998) et Guillaumin (2016) qui rendent compte de la fonction de sexuation des outils de travail. L'hypothèse d'un contrôle exercé par la classe des hommes sur les armes et les outils oriente la recherche. Le deuxième chapitre présente les modalités sexuées de la mise au travail des corps dans le cadre du Grand Prix. Suivant une démarche réflexive qui part de la répartition des outils pour montrer à voir la division sexuelle du travail, je montre comment les corps sont mis au travail par les outils qu'ils manipulent (ou non), comment ils se différencient sexuellement par leur mise au travail et comment certains corps sont instrumentalisés, sexualisés. Le troisième chapitre présente les moyens par lesquels la classe des hommes maintient son contrôle sur les outils et les armes dans le cadre du Grand Prix. La construction sexuée des corps apparaît dans un premier temps comme l'une des conditions au monopole masculin des armes et des outils en ce qu'elle produit en apparence des corps plus qualifiés que d'autres pour en faire usage. L'exclusion des femmes du Grand Prix, le contrôle exercé par les hommes sur cet espace social, apparaît dans un deuxième temps comme un moyen de préserver un entre-soi masculin, favorisant la construction de corps masculins socialement reconnus, virils. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : usages sociosexués, division sexuelle du travail, sexuation, sexualisation, rapports sociaux de sexe, corps
-
Ce mémoire porte sur l'activisme black bloc au Québec entre 2001 et 2015. D'emblée, je propose d'appréhender cette forme de militantisme sous le prisme du travail militant, inscrivant ainsi mes réflexions au croisement de la sociologie des rapports sociaux de sexes et de la sociologie du militantisme. Ce mémoire prend racine autour de trois séries de questions ayant orienté ma recherche : 1) Qui sont les militantes black bloc? 2) Que sait-on sur cette forme d'activisme et les tâches qui le compose? 3) Comment se travail est-il organisé, puis distribué dans un contexte de clandestinité? Afin d'approfondir ces questionnements, à partir d'entretiens semi-directifs, j'explorerai les pratiques et discours de neuf militantes ayant participé à des contingents black blocs. En prenant comme point de départ que le militantisme black bloc est traversé par les rapports sociaux de sexe puis réactualisé autour des modes d'organisation des groupes d'affinités (Dunezat : 2006), je fais l'hypothèse que l'étude de la distribution ainsi que l'accès aux outils, armes et savoirs militants constitue une porte d'entrée féconde afin de rendre compte de l'assignation des hommes et des femmes à des tâches différenciées (Tabet : 1998). Le premier chapitre d'analyse propose un portrait sociodémographique des activistes rencontr.es, permettant de les situer sociologiquement. Le second propose une immersion dans l'univers militant black bloc et les tâches qui y sont secrétés, permettant d'entrevoir la présence de tâches dites et non-dites. Le troisième chapitre explore les modalités de division du travail militant et son imbrication avec le travail à connotation domestique. Le quatrième chapitre rend compte de la séparation et la hiérarchisation du travail militant à partir du monopole des hommes quant à la possession d'outils et de savoirs militants, soutenu par une absence de co-formation. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : black bloc, division sexuelle du travail, rapports sociaux de sexe, militantisme, outils armes et savoirs technologiques.
-
Avec Rachel Chagnon, membre de l'Institut de recherches et d'études féministes et professeure au Département des sciences juridiques.
-
Ce mémoire a pour domaine de recherche le tatouage et porte spécifiquement sur les femmes hautement tatouées. J’y explore la dimension de la présentation de soi et de l’expérience sociale dans les lieux publics montréalais sous l’angle des interactions. Dans le cadre de celles-ci, les femmes hautement tatouées mettent en scène des stratégies d’évitement, de confrontation ou de légitimation, et ce de manière quotidienne. Malgré ces différentes stratégies utilisées, des situations de conflit peuvent se manifester lors d’interactions. À la lumière du corpus d’analyse qui provient d’entretiens semi-dirigés effectués avec huit participantes hautement tatouées et des thèmes qui y sont abordés, il a été possible de créer une typologie quant aux situations de conflit, ainsi qu’identifier différentes stratégies qui se situent dans un continuum, où le choix stratégique oscille entre un désir de conformité et un désir de résistance par rapport aux attentes normatives. De manière générale, ce mémoire a pour but de documenter l’expérience sociale des femmes hautement tatouées dans les lieux publics à Montréal, afin de démontrer selon une perspective féministe matérialiste l’influence des rapports sociaux de domination entre les sexes sur l’expérience des femmes des lieux publics, les perceptions sociales des femmes tatouées et les stéréotypes qui perdurent, malgré la popularisation de la pratique du tatouage. ___________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Tatouages, femmes, interactions, lieux publics, conflits