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Dans la ville de Québec, la culture hip-hop permet de mettre en lumière les acteurs qui proviennent de milieux défavorisés et de l’immigration. À partir de textes de rap et d’entrevues avec des rappeurs, des entrepreneurs producteurs de hip-hop et leurs proches réalisées dans le cadre d’une recherche ethnographique, j’analyse comment de jeunes immigrants noirs utilisent le hip-hop et l’entrepreneuriat culturel comme une stratégie de contestation et de résistance face à la pauvreté et aux discriminations auxquelles ils sont confrontés. Selon une approche intersectionnelle (Hall,1980a; Crenshaw, 1994; Chauvin et Jaunait, 2015), cette étude met en lumière comment des propriétés originellement marginalisantes (race, lieu de résidence et dispositions sociales) peuvent être converties en des potentiels légitimés.
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Gender diversity in the music industry is low, both in Canada and internationally. The lack of diversity may represent a competitive disadvantage, as diversity is known to promote innovation and broad thinking, which is precisely what the music industry needs as it undergoes rapid change. This study, performed by Women in Music Canada in collaboration with PwC, assesses the impact of gender diversity of leadership within the Canadian music industry and the impact on company performance.
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Solutions constructives pour des rendez-vous musicaux plus vivants, diversifiés et… paritaires!
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Au sein de la province du Québec, la majorité des immigrants choisissent de vivre à Montréal et y forment des communautés au sein desquelles leurs pratiques musicales du pays d’origine perdurent au-delà du processus migratoire. Depuis trois ans, notre équipe de recherche travaille à Montréal auprès de diverses communautés issues de l’immigration pour comprendre comment le musical participe au « Vivre ensemble ». Nous émettons l’hypothèse que la musique est pour les immigrants un outil pertinent d’intégration et de négociation identitaire afin de vivre au sein d’une société conviviale et d’y contribuer. La perspective comparative qui est la nôtre vise à faire ressortir ce qui est privilégié selon les cas de figures par les communautés elles-mêmes tant au sujet des répertoires musicaux que des processus de reconstruction identitaires à travers la musique. Dans cet article, nous présenterons nos observations au sujet de la communauté issue de l’immigration roumaine et moldave. Le groupe ainsi nommé est loin de représenter une homogénéité quelconque en dehors de l’origine qui est mentionnée sur les fiches de données produites par Statistiques Canada. Nous nous appuyons sur des exemples précis issus de nos travaux de terrain auprès de cette communauté afin de démontrer que nous avons affaire à un cosmopolitisme musical qui trouve pleinement sa place et son expression dans un tel contexte urbain.
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Since the 1990s scholars, teachers, and policy makers have debated over the importance of culturally grounded or culture-based education (CBE) approaches in primary and secondary programmes. For Indigenous communities, CBE methods are often regarded as decolonising tools that support linguistic and sociocultural revitalisation efforts. A majority of Indigenous educational projects have prioritised teaching language above other cultural components, such as music, which has largely been overlooked as a powerful tool due to the pervasive assumption that traditional musical practices rely on the language to survive. This article explores how cultural components have a symbiotic rather than a hierarchical relationship, focusing on the interdependence between language and music. Based on ethnographic fieldwork and observations with four Indigenous language immersion teachers, I argue that music is a linchpin pedagogical tool that promotes intergenerational interactions, builds social relationships, and facilitates the daily use of language in and outside the classroom.
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Ce projet de recherche-création explore les avenues narratives d'une pensée de contrôle du corps par le sonore. Le travail de création réfléchira les mécanismes, les sentiments, les contraintes conscientes ou inconscientes de personnages face à l'environnement sonore urbain. Ces mécanismes, qu'ils soient intériorisés ou non par les personnages, permettront de penser le dispositif sonore, au sens de Foucault puis interprété par Agamben. Le dispositif crée, entre l'être sur lequel il agit et l'ensemble des dits et non-dits qu'il contient, un « processus de subjectivation », ou de « désubjectivation »: il se fait contrôle, s'organise en rapports de force. La partie création met en scène des personnages qui sont habités par des idéaux d'une libération du corps par la musique, que cette libération − ou son échec − soit spatiale, temporelle, sociale ou psychique. Ce travail se consacrera également à une analyse du recueil de Joséphine Bacon Un thé dans la toundra/ Nipishapui nete mushuat (2013) et du recueil L'Outre-vie (1979) de Marie Uguay. Ces autrices créent une dimension sonore et vocale évidente dans leurs poèmes, une sensibilité, voire une sursensibilité à l'ouïe − notamment par le teueikan (tambour) chez Bacon et par les « racines sonores » pour Uguay. Le son devient un vecteur qui permet de penser la subjectivité dans des possibles spatiaux et temporels simultanés que le corps paraît empêcher. R. Murray Schafer nomme « schizophonie » la séparation de la source d'émission du son par sa reproduction, par la multiplication des enregistrements. Ce rapport différé à la musique produite à distance du corps des musiciens − s'il s'agit de musique instrumentale − joue un rôle dans ce réseau de rapports de force, dans ce dispositif qui nous intéresse. Les sources sonores se sont aujourd'hui multipliées et apparaissent, par l'enregistrement, souvent déplacées et séparées de leur contexte de production original. Comment penser ces effets de décontextualisation? Le travail de création s'intéressera aux modalités et aux effets d'une voix énonciative travaillée par ces diverses représentations d'un corps qui entend, récepteur de réalités différées, d'une pensée du corps disséminé. Pour parler non pas seulement d'écoute, mais plutôt de ce que qui l'excède, de ce vers quoi tend l'écriture poétique: possibilité de l'écoute de l'autre, ou de l'écoute de ce qui est autre.
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Article sur l'artiste sonore Nancy Tobin.
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Certains membres de la scène des musiques nouvelles souhaitent en décentrer ses racines eurocentriques et en critiquer ses tendances colonialistes. Avant même de discuter des stratégies qui pourraient constituer un cadre décolonisateur, il est utile d’identifier comment la colonialité se reflète dans cette scène. L’auteur, lui-même membre actif de celle-ci, partage des pistes de réflexion portant sur l’homogénéité culturelle du milieu, les questions d’accès, l’héritage de la musique classique, le concept de l’excellence européenne, la présomption d’universalité, la coexistence de statuts de légitimité et de marginalité, la relation ambigüe avec l’appropriation culturelle et les fondements de l’attribution du mérite.
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Dix ans après la parution de La renarde et le mal peigné,quatre cents nouvelles lettres échangées entre Gérald Godin (1938-1994) et Pauline Julien (1929-1998) ont été découvertes dans leurs fonds d’archives respectifs. Soixante-dix d’entre elles ont été choisies par Emmanuelle Germain et Jonathan Livernois, dans cette édition qui vient compléter le portrait forgé en 2009. On y retrouvera les débuts de la relation entre le journaliste et la chanteuse, les longues tournées en Europe de Pauline Julien, la maladie de Godin, puis celle, en filigrane, de Julien. De nouveaux aspects apparaîtront également : l’érotisme de plusieurs de leurs échanges ; les rapports d’amitié ; les aléas d’une vie familiale où un jeune homme de vingt-cinq ans doit s’occuper de deux adolescents, alors que Julien doit concilier sa vie professionnelle et sa vie de mère ; l’épuisement des dernières années, tandis que les tournées européennes sont de plus en plus difficiles pour Julien. Les lettres réunies ici permettront également aux lectrices et aux lecteurs de revivre de grands moments de l’histoire québécoise, vue à la hauteur de ses acteurs : le « Vive le Québec libre ! » lancé par Pauline Julien à Niamey, en 1969, interrompant le ministre fédéral Gérard Pelletier ; la crise d’Octobre et l’emprisonnement sur lequel on ne reviendra guère ; la campagne électorale de 1976, l’enthousiasme et la victoire, inattendue ; l’engagement du député puis ministre Gérald Godin. Ce n’est donc pas un hasard si ce petit livre est sous-titré « Fragments de correspondance amoureuse et politique ». La suture des deux univers, de l’intime et du public, de l’amour et du politique, y est plus claire que jamais.
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Perle Abbrugiati's article explores Coeur vagabond/Coraçao vagabundo, the fourth record by the French-Brazilian artist Bïa, released in 2006. The bilingual album comprises an equal number of Brazilian-Portuguese adaptations from French songs and French adaptations from Brazilian songs. The aim of the present article is to identify the strategies applied in the translation of songs. To this end, the article's author herself uses translation within the framework of a comparative approach, confronting Bïa's translations with her own literal translations (not suitable to be sung) of the original lyrics. The objective is not to trace 'mistranslations' but to point out in how many different and intricate ways a translation can be faithful while being creative, and in what way and to what degree the song translator may take the liberty of 're-semantisation'.
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Né il y a 40 ans de la collaboration entre Michel Berger et Luc Plamondon, le phénomène Starmania est probablement le plus grand succès musical franco-québécois. Outre les Français Daniel Balavoine et France Gall, la distribution originale réunissait quatre immenses interprètes d’ici : Claude Dubois, Diane Dufresne, Fabienne Thibeault et Nanette Workman. La carrière de chacun a été marquée par cette aventure qui a aussi laissé sa trace indélébile dans notre imaginaire collectif. Fabienne Thibeault, qui avait 26 ans à l’époque, nous fait partager cette épopée dans l’intimité du couple formé par Michel Berger et France Gall chez qui elle a vécu à Paris. Pour compléter son récit, elle se remémore des anecdotes personnelles et donne la parole aux artisans moins connus (choristes, doublures, musiciens) de cette réalisation magistrale qui surprend toujours par son actualité.
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La chanson québécoise actuelle paraît réconcilier la chanson dite «à texte» et la chanson populaire, comme ce fut le cas pour la chanson engagée des années 1970. Si le thème de l’engagement soutenait plusieurs œuvres chansonnières de cette décennie, celui de la mélancolie semble pouvoir définir une certaine tendance actuelle. Ce mémoire s’intéresse au thème de la mélancolie dans la chanson québécoise contemporaine et plus précisément dans les albums Tu m’intimides de Mara Tremblay, La forêt des mal-aimés de Pierre Lapointe et À Paradis City de Jean Leloup. À la fois auteurs, compositeurs et interprètes, ces trois artistes s’inscrivent dans le champ populaire de la chanson québécoise en créant des œuvres où le texte et la musique mettent la mélancolie en valeur. Dans cette étude, la mélancolie est étudiée en fonction de trois aspects, soit l’être mélancolique, la temporalité mélancolique et l’espace mélancolique. C’est à travers l’exploration de ces trois aspects que sont analysées les chansons du corpus, surtout à partir des textes, mais en considérant aussi certains éléments musicaux.