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En 1924, les supérieures de la communauté des Jésus-Marie, à Sillery (Québec), demandent à Dîna Bélanger (1897-1929), Mère Marie Sainte-Cécile de Rome alors supposément aux portes de la mort, d'écrire son autobiographie qu'elle intitula Cantique d'actions de grâces ou Chant d'amour. C'est ce texte mystique écrit par obéissance, inachevé et dans lequel une énonciatrice multiplie les procédés rhétoriques pour faire valoir son droit à la sainteté, sainteté qu'elle lie à une écriture missionnaire ayant l'étonnant pouvoir de sauver des âmes, qui constitue l'objet de la présente thèse. L'originalité du texte analysé réside surtout dans la combinaison qu'il propose : autant la volonté d'inscrire une Parole de Dieu que l'étude des paramètres énonciatifs par lesquels l'énonciatrice en vient à en proposer un équivalent langagier, dans un cadre scriptural clamant son appartenance à l'autobiographie, sont des éléments nous assurant des assises pertinentes. Les notions théoriques créées pour rendre compte du fonctionnement d'une écriture prenant le pari de figurer l'indicible sont relatives à la « transcendance » comme principe actif présidant à l'encodage comme au décodage du texte mystique: «l'extase figurative », c'est-à-dire la prise en charge d'une insurmontable absence entre le langage et ce à quoi il réfère dans un cadre discursif où il s'agit souvent de donner des mots à la Parole de Dieu (l'indicible), et « l'indice trans », fonction imputée à une figure obligeant une interprétation de son énonciation au détriment de son contenu qui semble irrécupérable, nous conduisent précisément à théoriser une lecture originale du Cantique de Dina Bélanger. Ainsi, la rhétorique comme champ disciplinaire nous permet de rendre compte du mode de fonctionnement du texte analysé que nous avons divisé en trois phases complémentaires. La première phase est constituée d'une introduction (« Loués soient à jamais Jésus et Marie ») dans laquelle, d'une part, la narratrice explique la genèse de son acte scriptural : il s'agit de répondre à la volonté divine; d'autre part, elle cible les principaux objectifs de ce travail qu'elle s'apprête à accomplir. La seconde phase, soit les chapitre I à XIX (pp. 41-192), construit le portrait d'une sainte qui est supposément digne d'être le messager d'une « voix » entendue intérieurement; ce portrait est organisé par la narration de certains faits biographiques auxquels Dina accorde un traitement qui souscrit, grâce à l'alternance de deux isotopies principales (terrestre et spirituelle), à l'établissement d'une polysémie inductrice des premiers balbutiements d'un effet de « transcendance », d'où une possible diffusion de la « Parole », mais dans l'optique où l'énonciatrice, piégée par sa « tiédeur » humaine (son manque de foi), ne fait ici que « donner la parole à la Parole » afin de sanctionner sa propre prédestination. La troisième phase est constituée de deux parties complémentaires que nous avons intitulées «Abandon», débutant le 15 août 1924 pour se terminer le 25 janvier 1925 (essentiellement les chapitres XX et XXI, pp. 193-208) et «Message», ce journal spirituel resté inachevé (les chapitres XXII à XLVI, pp. 209-391), qui illustre l'entrée graduelle de l'énonciatrice dans ce qu'elle nomme la « Trinité », c'est-à-dire un espace « fabuleux » (relatif à la fable) où le Verbe est incarné dans l'espace scriptural par une sainte organisant effectivement son discours pour un lectorat composé de religieux tièdes qui doivent être persuadés de cette sainteté, puisque il en va du salut de toutes les âmes (la reconnaissance de la sainteté de Dina, sans preuve, supposant le passage de la tiédeur à la ferveur). La narratrice, substituée, donne alors la Parole au lecteur. Cette troisième phase du Cantique, dans laquelle l'alternance des isotopies cède sa place à la substitution de l'une par l'autre, impose la dominance du thème spirituel et, dans le contexte, la poétisation de l'écrit qui lui est indissociable. Cette étape ultime, qui est néanmoins représentative de tout cheminement mystique « canonique », crée le sentiment que la narratrice s'est libérée de tous ses liens terrestres et que son écriture est Union en acte. La transition de la « Parole » au « Verbe », produit d'un renversement nous faisant passer d'un univers plutôt factuel (seconde phase) à un monde généralement fabuleux (troisième phase), nous amène à analyser l'évolution suivante : de simples faits biographiques acquièrent rétrospectivement la possibilité de prendre une envergure poétique de par cette capacité qu'a une figure de « contaminer » l'énoncé dont elle fait partie. Finalement, les lecteurs idéals du Cantique, ces religieux plutôt tièdes par rapport à la narratrice, font à leur tour un acte de foi en prenant la parole (Parole) dans le paratexte afin de faire valoir le droit à la sainteté de l'énonciatrice. Leurs commentaires sont en grande partie relatifs au texte qu'ils jugent souvent comme un élément de preuve de cette sainteté que, comme Dieu, ils souhaitent pour Dina. Ils seraient prêts à la soutenir devant le Pape qu'une convention fait le représentant de Dieu sur Terre.
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Enchanted by the vocal music of Serbian-born Canadian composer Ana Sokolović, Tamara Bernstein visited the composer at her home in Montreal. Sokolović’s music draws on several sources, including the theatrical world and the culture of the Balkans. The extended vocal techniques in Sokolović’s music are rooted not in the avant-garde music of the twentieth century, but in the oral traditions and poetic voice of Serbia. It seems that the more the composer returns to her cultural roots, the more she embraces the universality of the human soul.
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The life story of Mrs. Daisy Sweeney, an African Canadian native of Montreal, Quebec, helps fill a void in the historical documentation of Montreal Blacks (especially female elders). Of particular significance is her prominence as a music educator and othermother during her life. The current literature on African Canadian othermothering experiences is not synonymous with both White or African American females and inclusion of their voices in academic, as well as mainstream spaces, is virtually non-existent. This dissertation asks: What did it mean to be a first generation 'Negro' working class bilingual female in a largely hostile White francophone Quebec metropolis in the early 20th Century? How can her narratives help shape and inform life history and African Canadian othermothering research? My sojourn with Mrs. Daisy Sweeney referenced African centered epistemology in my conceptual understanding of herself and community mothering. Capturing her conversations meant engaging with multiple methodologies articulated through African oral traditions, life history, archival canons and interdisciplinary inquiries. It is striking to note that there were not only certain tensions associated with memory loss and physical limitations (prompted by the aging process) that destabilized and enriched our 'interactive' communication, but also revealed a rupture and reversal of the participant/researcher dynamic. In spite of blatant racial discrimination that plagued Montreal's Black communities during that time, Daisy Sweeney fulfilled a life-long dream and taught hundreds of children the canon of classical piano for over 50 years. She lived her voice through her music, finding ways to validate her own identity and empowering others in the process. She used the musical stage as her platform to draw invaluable connections between race, gender, language and social class. Daisy Sweeney's generation of othermothers is dying out and, as the carriers of culture, the urgency to tell their stories must be emphasized. The account respects, reclaims and reflects those voices. It is time to write in African Canadian female elders and diversify the exclusionary genre of life history and archival research.
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La moustache de Brassens, la robe noire d'Edith Piaf, les paillettes de Claude François, les cheveux de Dalida ... Les chanteurs ont un corps indissociable de leurs chansons. Ce livre s'intéresse à la présence physique de la musique populaire, à sa performance sur scène et sur le disque. Voici observées les tensions sociales, sexuelles et identitaires qui sous-tendent la performance musicale
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Lorsque la barmaid du Rocher Percé que fréquente la diaspora à Montréal se met à chanter avec les portiers pour secouer la nostalgie des clients, commence à s'écrire une page de la petite histoire du Québec et de sa populaire chanson country. Les trois disques d'or enregistrés au début des années 70 par les Gaspésiens Julie Daraîche, Bernard et Fernand Duguay ont donné au répertoire des chansons immortelles et c'est sur cette base solide que s'est bâtie la légende de la Famille Daraîche, ralliant sur quatre décennies et deux générations l'authenticité de Julie, la musicalité de Paul, l'énergie de Dani et la douceur de Katia. Leur histoire en est une d'audace, de solidarité et d'appartenance qui rejoint et inspire depuis plus de 45 ans les artistes et le public qui retrouvent en eux leurs propres racines.
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De Louise Belhumeur, née à Shawinigan, élevée à Montréal et étudiante à l'École nationale de théâtre elle est devenue Louise Forestier, grande artiste ayant louvoyé toute sa vie entre chanson, théâtre, cinéma, radio et télévision. Dans son autobiographie qu'elle qualifie d'autoportrait, Louise Forestier se raconte avec générosité et franchise. Ses rencontres, ses triomphes et ses défaites ainsi que les moments déterminants de la vie d'une femme sensible et d'une artiste passionnée. Celle qui a connu le succès avec entre autres l'Osstidcho, Demain matin, Montréal m'attend, Starmania, IXE-13, Les Ordres et son rôle dans Le Négociateur a su toujours se renouveler avec audace, humour, créativité et authenticité. Nous la suivons de son enfance, au sein d'une famille pas toujours facile, à ses amours tumultueuses, à son état de mère absente, de femme déterminée à vaincre la dépression, à celle qui a vécu des heures de gloire professionnelle nombreuses. Un voyage au centre des événements culturels qui ont marqué le Québec et notre histoire collective et qui incluent des gens comme Robert Charlebois, Yvon Deschamps, Mouffe, Ginette Reno, Les Cyniques, Isabelle Boulay et Zachary Richard. Un récit touchant, dans lequel la femme artiste laisse libre cours à ses pensées, à ses souvenirs et à sa passion.
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Composer Ana Sokolović divided her instrumental work Géométrie sentimentale into large sections inspired by pure geometric shapes — Triangle, Cercle and Carré — describing these sections as three contrasting perspectives of the same musical materials. This article uses a narrative analytical approach as a lens through which to understand these distinct sections and the materials populating them. Inspired by Sokolović’s employment of musical objects in her compositions and by the extra-musical concepts inspiring many of her works, this analysis uses a collection of colourful robot toys as metaphors for the work’s materials. Three unique perspectives of these toys are described: in Triangle, the robots interact as characters on a dramatic stage; in Cercle, they peacefully coexist in slow motion; and in Carré new combinations of robot elements are abruptly juxtaposed against each other. The characteristics and interactions between these toys, as well as the various harmonic ‘masks’ that the composer has them wear, are helpful in understanding Sokolović’s harmonic structure, variation/transformation techniques, formal organization and rhythmic characteristics. The Serbian kolo is also shown as influential on the work, relating directly to the physicality and kinetics of the metaphorical robots.
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La moustache de Georges Brassens, la robe noire d’Edith Piaf, les paillettes de Claude François, les cheveux de Dalida… Les chanteurs ont un corps indissociable de leurs chansons, et ce livre s’intéresse précisément à la présence physique de la musique populaire, à sa performance sur scène et sur disque. Si le dualisme historique entre le corps et l’esprit a eu tendance, en France, à inluencer la réception de la chanson en attribuant plus de prestige à la modestie d’un Brassens qu’à la séduction démonstrative d’un chanteur de ‘variétés’, cet ouvrage est l’occasion de revenir sur cette opposition et de la nuancer, en identiiant les artistes qui ont su l’ignorer ou la contester. En légitimant l’étude de la performance (au sens de mise en scène du corps), cette étude met sur un pied d’égalité des genres aussi différents que la chanson ‘à textes’, le rock, le disco, le zouk ou le cabaret, et recadre les études sur la chanson loin de l’analyse de paroles. Il démontre, notamment, qu’en tant que véhicule de la chanson, le corps du chanteur reflète des a priori sociaux sur les rapports entre physique et séduction, genre et sexualité, apparence ethnique et identité, artiice et authenticité. Cet ouvrage est le fruit d’une collaboration entre chercheurs de GrandeBretagne, des États-Unis, du Canada, de Nouvelle-Zélande et de France, et dont la qualité commune est une fraîcheur d’analyse pluridisciplinaire inspirée des études culturelles. Observant les corps de chanteurs et chanteuses en France, aux Antilles et au Québec, ce livre offre une rélexion comparatiste sur les codes esthétiques en vigueur dans chaque contexte national, et observe les tensions sociales, sexuelles et identitaires qui sous-tendent la performance musicale.
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De la cuisine au studio explore les parcours de douze artistes issues de trois générations différentes : femmes signataires du manifeste Refus global en 1948, premières cinéastes qui ont œuvré à l’ONF dans les années 1970 et artistes médiatiques impliquées au Studio XX. À partir d’entrevues avec les artistes, Anna Lupien pose un regard sociologique sur l’expérience de créatrices qui ont investi l’art en tant qu’espace d’expression dans la sphère publique. De quelle façon ont-elles élaboré des stratégies créatives et par le fait même donné corps à des transformations sociales engendrées par le mouvement féministe, notamment en ce qui a trait à la conciliation travail-famille ? Comment ont-elles intégré des milieux artistiques qui ne leur étaient pas ouverts d’emblée ? Comment se sont-elles engagées pour le bien commun à travers leur parcours artistique ? Les histoires de ces artistes – Madeleine Arbour, Christine Brault, Mireille Dansereau, Dorothy Todd Hénaut, Stéphanie Lagueux, Bérengère Marin-Dubuard, Helena Martin Franco, Terre Nash, Anne-Claire Poirier, Françoise Riopelle, Bonnie Sherr Klein et Françoise Sullivan – témoignent des luttes inachevées du mouvement féministe et des brèches qu’elles ont pratiquées dans l’ordre des choses, suscitant des rencontres originales entre l’art et le politiqu
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Addressing the international emergence of electroclash at the turn of the millenium, this article investigates the distinct character of the genre and its related production practices, both in and out of the studio. Electroclash combines the extended pulsing sections of techno, house and other dance musics with the trashier energy of rock and new wave. The genre signals an attempt to reinvigorate dance music with a sense of sexuality, personality and irony. Electroclash also emphasizes, rather than hides, the European, trashy elements of electronic dance music. The coming together of rock and electro is examined vis-à-vis the ongoing changing sociality of music production/distribution and the changing role of the producer. Numerous women, whether as solo producers, or in the context of collaborative groups, significantly contributed to shaping the aesthetics and production practices of electroclash, an anomaly in the history of popular music and electronic music, where the role of the producer has typically been associated with men. These changes are discussed in relation to the way electroclash producers Peaches, Le Tigre, Chicks on Speed, and Miss Kittin and the Hacker often used a hybrid approach to production that involves the integration of new(er) technologies, such as laptops containing various audio production softwares with older, inexpensive keyboards, microphones, samplers and drum machines to achieve the ironic backbeat laden hybrid electro-rock sound.
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Hildegard Westerkamp's (1990) composition École Polytechnique is an artistic response to one of Canada's most profoundly disturbing mass murders, the 1989 slaying of fourteen women in Montreal, Quebec. Using the theoretical model, derived from Haraway, of the cyborg body, and analyzing the import of the mixed media (voices, instruments and electroacoustic tape) incorporated in the music, the authors examine the impact this work has had on some of those who have heard it and performed it, based on the responses of choristers and listeners in several studies. The authors explored how those who engaged significantly with the music, (including those who had no personal association with the actual events of the 1989 massacre), were able to make relevant connections between their own experience and the composition itself, embrace these connections and their disturbing resonances, and thereby experience meaningful emotional growth.
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La compositrice québécoise Ana Sokolović est d’origine serbe et plusieurs de ses oeuvres font référence à son pays d’origine, que ce soit par l’utilisation de mélodies et de rythmes traditionnels ou par des références culturelles. Pour approfondir son héritage serbe, l’auteure s’est entretenue avec la compositrice en mars 2012. L’article relate les paysages de son enfance et de son adolescence, l’environnement musical, culturel et politique de ses années d’apprentissage. Le portrait de sa vie familiale et de son quotidien nous permet de saisir des éléments constituants de sa personnalité d’artiste en devenir. Sa décision de s’établir à Montréal est explorée et elle raconte comment elle a pris conscience de son héritage slave.
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Lors d’un entretien réalisé par la compositrice Isabelle Panneton, Ana Sokolović discute de ses inspirations, de ses méthodes et de son rapport avec les interprètes de sa musique.
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