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Longtemps dénigrée par une certaine élite et plus ou moins ignorée des ouvrages sur la chanson, Mary Travers Bolduc (1894-1941) est aujourd’hui considérée comme étant la première autrice-compositrice-interprète, ainsi que la toute première vedette de la chanson populaire québécoise. À une époque où les femmes bénéficient de peu ou pas d’autonomie, sa carrière semble à la fois une anomalie et un exploit. Cependant, l’image de la femme indépendante qui gère sa carrière et organise ses tournées apparaît en contradiction avec les chansons où elle reste fidèle aux valeurs traditionnelles de sa génération et de son public quant au rôle de la femme dans la société. Réécouter les chansons de Mme Bolduc et parcourir les archives permettent de mieux comprendre qui était celle que l’on surnommait « La Bolduc », — à la fois femme, épouse et mère, ainsi qu’artiste autodidacte et « reine de la chanson comique », à mi-chemin entre le folklore et la chanson populaire —, et aident à la compréhension de ce pourquoi sa réception critique a été aussi longtemps mitigée. On peut également mieux mesurer la valeur de son oeuvre en lien avec la société dans laquelle elle a évolué, ainsi qu’émettre le constat que la condescendance de certains à son égard au cours de sa carrière, tout comme le silence qui a suivi son décès, relèvent de préjugés ; non pas parce qu’elle était une femme, mais à cause de la classe sociale à laquelle elle appartenait et dont elle a été le miroir. Ce n’était pas tant le propos de ses chansons qui dérangeait mais bien son niveau langue, le ton parfois grivois et le style de sa musique, ce qui a pourtant garanti son succès auprès des spectateurs. Sa réhabilitation au cours des années 1960, dans le contexte d’une revalorisation du folklore et de l’âge d’or de la chanson joualisante, s’explique par l’évolution de l’horizon d’attente et du goût du public.
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An article from Magazine Gaspésie, on Érudit.
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Un article de la revue Magazine Gaspésie, diffusée par la plateforme Érudit.
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In the 1930s, Mary Travers wrote folk songs dealing with the thorny issue of the working poor during hard times. A self-styled “woman at the service of the community”, she focused on those who lost their jobs as a result of the economic crisis. Heeding tradition, she lauded the work of famers whom she perceived as the mythical representatives of an idealised “old era”. How did she reconcile her songs praising tradition with an increasingly industrial labour market ? How did she react to women entering the workforce ? What did she think of government actions in the face of dwindling employment and pressing poverty ? Did she consider herself to be a career woman, what with hers being the first successful recordings of Quebec folk songs ? Confronting or buttressing established taboos such as those about women in the workforce, she wrote songs reflecting those societal issues prevalent at the time. Yet, she set herself apart both through her trade as a songwriter and her depiction of it. The economic situation in the province of Quebec influenced how labour was perceived, and her writings, favouring the standpoint of a working woman from the lower classes where employment is a matter of both survival and pride, echoed this perception with originality. A sociological and critical analysis of her songs illustrates the societal discourse on labour that prevailed during hard times.
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This article offers a portrait of Francine Brunel-Reeves, an independent researcher who has followed an exceptional course throughout her active life. It begins with a short biography of this artist, perfomer, educator and independant researcher who has split her life between France, Québec and the United States of America. The second section describes the current state of her work and the theoretical approaches that have delineated her research not only in the field of ethnology, but also in anthropology, musicology and mythology.