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Dina Bélanger (1897-1929) s’est donnée très jeune au Christ, ne voulant que lui plaire dans l’intimité de la prière. À vingt-quatre ans, elle renonce à une brillante carrière de pianiste pour entrer au couvent des Religieuses de Jésus-Marie à Québec. Elle expérimente l’union mystique avec la Trinité par le cœur eucharistique de Jésus. Béatifiée par Jean-Paul II en 1993, elle laisse à l’Église et au monde un héritage spirituel d’une richesse exceptionnelle, qui rappelle celui de Thérèse de l’Enfant-Jésus, qu’elle avait prise pour patronne, avec sainte Cécile. Dans le sillage de ses ouvrages sur Thérèse de Lisieux et Marie-Léonie Paradis, Jacques Gauthier nous offre un autre entretien chaleureux et instructif avec une «?amie de Dieu?» qui avait dit avant de mourir, à trente-deux ans?: «?Je donnerai de la joie.?» Ses questions pertinentes facilitent cet échange intime avec Dina qui, par l’intermédiaire de son autobiographie, témoigne d’une sainteté unique et inspirante.
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Carefully preserved in the archives of the Ursuline and Hôtel-Dieu Monasteries of Quebec are several manuscripts containing Canada’s first sacred works for female voices. The manuscripts contain dozens of intricate motets composed in the French Baroque style, a repository of music which has not been sung for hundreds of years. These motets form a neglected part of Canada’s musical heritage which is waiting to be unearthed and explored. Ursuline and Augustinian nuns arrived to the French territories of the New World to educate and evangelize young women. Singing formed a core element of their teaching and worship. For over one hundred years (1639-1760), church music provided a backbone to Canada’s vibrant musical culture. When the French territories were lost to Britain and Spain, musical culture shifted radically and the sacred French music simply faded into obscurity. An overview of the sweeping events of the French Baroque era includes discussion of France’s social conditions, the political and religious climate, the flowering of the arts and the exploration of the New World. In France, the seventeenth and eighteenth centuries were a time of great strife which heralded the massive social changes to come in the nineteenth century. France’s struggles directly impacted the colony of New France, including that of its religious institutions and music. This study traces the musical activities in the Ursuline community of New France as the nuns lived their mission on the frontier, teaching Aboriginal and colonial girls. The evolution of female emancipation stemming from religious evangelism is considered. Examination of a trove of 160 motets located in the female monasteries of Québec City reveals the high caliber of music practiced by the nuns. No interpretive editions for performance purposes exist. Newly transcribed works have been generated from the manuscripts, with period performance guidance for appropriate ornamentation and ensemble requirements. An in-depth discussion of New France Baroque vocal and choral musical styles is provided, with reference to historical records of how it was taught, as described in contemporaneous music treatises and many original documents specific to these religious female communities.
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En 1924, les supérieures de la communauté des Jésus-Marie, à Sillery (Québec), demandent à Dîna Bélanger (1897-1929), Mère Marie Sainte-Cécile de Rome alors supposément aux portes de la mort, d'écrire son autobiographie qu'elle intitula Cantique d'actions de grâces ou Chant d'amour. C'est ce texte mystique écrit par obéissance, inachevé et dans lequel une énonciatrice multiplie les procédés rhétoriques pour faire valoir son droit à la sainteté, sainteté qu'elle lie à une écriture missionnaire ayant l'étonnant pouvoir de sauver des âmes, qui constitue l'objet de la présente thèse. L'originalité du texte analysé réside surtout dans la combinaison qu'il propose : autant la volonté d'inscrire une Parole de Dieu que l'étude des paramètres énonciatifs par lesquels l'énonciatrice en vient à en proposer un équivalent langagier, dans un cadre scriptural clamant son appartenance à l'autobiographie, sont des éléments nous assurant des assises pertinentes. Les notions théoriques créées pour rendre compte du fonctionnement d'une écriture prenant le pari de figurer l'indicible sont relatives à la « transcendance » comme principe actif présidant à l'encodage comme au décodage du texte mystique: «l'extase figurative », c'est-à-dire la prise en charge d'une insurmontable absence entre le langage et ce à quoi il réfère dans un cadre discursif où il s'agit souvent de donner des mots à la Parole de Dieu (l'indicible), et « l'indice trans », fonction imputée à une figure obligeant une interprétation de son énonciation au détriment de son contenu qui semble irrécupérable, nous conduisent précisément à théoriser une lecture originale du Cantique de Dina Bélanger. Ainsi, la rhétorique comme champ disciplinaire nous permet de rendre compte du mode de fonctionnement du texte analysé que nous avons divisé en trois phases complémentaires. La première phase est constituée d'une introduction (« Loués soient à jamais Jésus et Marie ») dans laquelle, d'une part, la narratrice explique la genèse de son acte scriptural : il s'agit de répondre à la volonté divine; d'autre part, elle cible les principaux objectifs de ce travail qu'elle s'apprête à accomplir. La seconde phase, soit les chapitre I à XIX (pp. 41-192), construit le portrait d'une sainte qui est supposément digne d'être le messager d'une « voix » entendue intérieurement; ce portrait est organisé par la narration de certains faits biographiques auxquels Dina accorde un traitement qui souscrit, grâce à l'alternance de deux isotopies principales (terrestre et spirituelle), à l'établissement d'une polysémie inductrice des premiers balbutiements d'un effet de « transcendance », d'où une possible diffusion de la « Parole », mais dans l'optique où l'énonciatrice, piégée par sa « tiédeur » humaine (son manque de foi), ne fait ici que « donner la parole à la Parole » afin de sanctionner sa propre prédestination. La troisième phase est constituée de deux parties complémentaires que nous avons intitulées «Abandon», débutant le 15 août 1924 pour se terminer le 25 janvier 1925 (essentiellement les chapitres XX et XXI, pp. 193-208) et «Message», ce journal spirituel resté inachevé (les chapitres XXII à XLVI, pp. 209-391), qui illustre l'entrée graduelle de l'énonciatrice dans ce qu'elle nomme la « Trinité », c'est-à-dire un espace « fabuleux » (relatif à la fable) où le Verbe est incarné dans l'espace scriptural par une sainte organisant effectivement son discours pour un lectorat composé de religieux tièdes qui doivent être persuadés de cette sainteté, puisque il en va du salut de toutes les âmes (la reconnaissance de la sainteté de Dina, sans preuve, supposant le passage de la tiédeur à la ferveur). La narratrice, substituée, donne alors la Parole au lecteur. Cette troisième phase du Cantique, dans laquelle l'alternance des isotopies cède sa place à la substitution de l'une par l'autre, impose la dominance du thème spirituel et, dans le contexte, la poétisation de l'écrit qui lui est indissociable. Cette étape ultime, qui est néanmoins représentative de tout cheminement mystique « canonique », crée le sentiment que la narratrice s'est libérée de tous ses liens terrestres et que son écriture est Union en acte. La transition de la « Parole » au « Verbe », produit d'un renversement nous faisant passer d'un univers plutôt factuel (seconde phase) à un monde généralement fabuleux (troisième phase), nous amène à analyser l'évolution suivante : de simples faits biographiques acquièrent rétrospectivement la possibilité de prendre une envergure poétique de par cette capacité qu'a une figure de « contaminer » l'énoncé dont elle fait partie. Finalement, les lecteurs idéals du Cantique, ces religieux plutôt tièdes par rapport à la narratrice, font à leur tour un acte de foi en prenant la parole (Parole) dans le paratexte afin de faire valoir le droit à la sainteté de l'énonciatrice. Leurs commentaires sont en grande partie relatifs au texte qu'ils jugent souvent comme un élément de preuve de cette sainteté que, comme Dieu, ils souhaitent pour Dina. Ils seraient prêts à la soutenir devant le Pape qu'une convention fait le représentant de Dieu sur Terre.