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Suivant un minutieux choix d'extraits d'entrevues, de spectacles et de photos, puisés à même un colossal et riche fonds d'archives, Pauline Julien, intime et politique nous entraîne dans le sillage de cette femme résolument libre et engagée, figure emblématique de la chanson et d'une époque charnière de l'histoire du Québec.
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Pauline Julien et Gérald Godin ont entretenu une correspondance amoureuse s’étendant sur plus de trente ans, soit de 1962 à 1993. Quelques-unes de leurs lettres ont fait l’objet d’une publication, La Renarde et le mal peigné (Leméac Éditeur, 2009), grâce à Pascale Galipeau, fille du comédien Jacques Galipeau et de Pauline Julien. Mais c’est avant tout le corpus inédit de plus de 400 lettres non reprises, découvertes dans les fonds d’archives à BAnQ, qui feront l’objet de nos recherches. Outre sa « fonction documentaire » (Jaubert, 2010a : 74), cette correspondance permet de voir la mise en scène par laquelle s’élabore la construction du moi de Julien et de Godin. Au fil de leur échange épistolaire, chacun joue sur l’impression qu’il tente de produire sur l’autre, de manipuler la mise en scène du moi qui régule leur interaction amoureuse. Dans l’ensemble des lettres, cette présentation de soi relève d’une complexion plus vaste que celle qui se dégage des choix éditoriaux effectués dans La Renarde et le mal peigné, restreinte à la relation amoureuse. Permettant d’éclairer la relation personnelle entre Julien et Godin, ainsi que leurs trajectoires artistiques respectives, cette correspondance constitue le lieu d’une négociation entre leurs postures publiques (poète journaliste puis ministre et chanteuse engagée) et intimes (homme de lettres au foyer et femme de profession). De fait, même si leurs échanges restent intimes, il y a là une présentation de soi qui se confronte à la nécessité de négocier avec la médiatisation de leur figure publique, celle-ci influençant leur part de contrôle sur la figure intime qu’ils tentent de dessiner dans leur correspondance. Des textes de Ruth Amossy (La présentation de soi. Ethos et identité verbale et Images de soi dans le discours : la construction de l’ethos), d’Anna Jaubert (« L’éthos de l’épistolier au miroir de l’autre ») et d’Arlette Farge (Le goût de l’archive), constitueront les bases théoriques de notre étude.
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Dans ces « fragments de correspondance amoureuse », on découvre Pauline Julien et Gérald Godin comme jamais on ne les avait vus, comme jamais plus on ne les verra. Lui, jeune loup puis loup mature, passionné, dévoué à la cause et amoureux. Elle, mère, chanteuse, absente souvent, incertaine et amoureuse. Elle que le doute assaille, toujours. Lui, de plus en plus sûr. C’est un magnifique tango qui se déroule sous nos yeux, on s’attire et se repousse dans le même paragraphe. Et c’est beau. Que c’est beau! La poésie qui les habite en permanence est suffisante pour rendre n’importe quel esprit jaloux, suffisante pour affadir n’importe quel amour. Pascale Galipeau, fille de Pauline Julien, a dû braver objections et réprimandes pour publier ces lettres. On ne peut que la remercier à genoux et lui baiser les mains de ne pas avoir cédé.
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The singer-songwriter Lhasa de Sela (1972-2010) launched her career and produced her three records in Montreal where she arrived in 1991. Not only did she change the face of migrant song in Quebec, but she also enjoyed international success, embarking on long world tours and selling more than a million records. This analysis will focus on the songs from her second album, The Living Road, and will show that Lhasa de Sela transcended linguistic and artistic frontiers by crossing the geographical border when she made Montreal her home and creative hub.
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Durant la Crise et la Deuxième Guerre mondiale, on imagine Montréal sans ressources pour la culture, Montréal ligotée, bâillonnée. C’est bien mal la connaître. Au contraire, elle s’engage alors dans une des grandes révolutions du siècle, soit celle des médias qui parlent et qui chantent. Le cinéma, la radio, le disque y recomposent l’environnement du divertissement et des arts d’une manière surprenante. Et ces nouveaux médias ne remplacent pas la presse, le concert ou le théâtre, ils s’y ajoutent, multipliant l’offre à un point qu’on n’avait encore jamais vu. Cela révolutionne la vie chez soi où, en plus du journal et du magazine, dont les tirages explosent, le piano rencontre deux nouveaux concurrents, le gramophone et le récepteur radio. Sans être riche, on peut entendre des concerts, même de musique autochtone et de grandes vedettes, chez soi, on peut « swinger » sur le jazz chez soi. On peut aussi sortir, ce que facilite un urbanisme stimulé par les nouvelles gares. Les salles de cinéma, de danse, se multiplient. C’est là qu’on se laisse emporter par le jazz ou « Tico, tico ». On se plaint chaque année que le théâtre se meurt ? Ça n’empêche pas une rencontre entre Shakespeare et Alfred Pellan. Ou d’aller entendre un transethnique prêcher l’écologie. Et aussi de s’habiller à la mode pour aller skier sur la montagne. Ce bouleversement transforme le visage de la ville, comme nous le révèlent les peintres juifs, les radioromans, ou deux œuvres majeures du temps, Two solitudes et Bonheur d’occasion. On ne verra plus jamais Montréal avec les mêmes yeux, on n’entendra plus jamais Montréal avec les mêmes oreilles. Avec des textes de Marie Beaulieu, Justin Bur, Marc H. Choko, Marie-José des Rivières, Dominic Hardy, Lorne Huston, Germain Lacasse, Laurier Lacroix, Marie-Thérèse Lefebvre, Renée Legris, Jocelyne Mathieu, Sandria P. Bouliane, Adrien Rannaud, Peggy Roquigny, Lucie Robert, Mario Robert, Denis Saint-Jacques, Chantal Savoie, Esther Trépanier et Elspeth Tulloch.