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Résultats 10 ressources
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C’est là un ouvrage de référence qui présente la recherche sur la musique, les genres et les sexualités, et plus largement la vie musicale non dominante au Québec depuis le dernier quart du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Issu des travaux réalisés en 202-2022 par le pôle universitaire DIG! Différences et inégalités de genre dans la musique au Québec (D!G), un réseau interdisciplinaire et intersectoriel qui réunit les chercheur·ses, publics, artistes et autres professionnel·les de la musique qui s’intéressent à cette thématique, l’ouvrage comprend une revue de la littérature et une bibliographie de plus de 800 ressources scientifiques.
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Dans ce texte est proposée une « lecture du genre » (Boisclair 2002) des oeuvres de Philémon Cimon (L’été, Les femmes comme des montagnes), Pierre Lapointe (Pierre Lapointe, Sentiments humains) et Ariane Moffatt (Aquanaute, Le coeur dans la tête, Tous les sens). L’étude des chansons contenues sur ces albums prend pour point de départ une interrogation des subjectivités genrées de ces trois artistes, entre personne réelle et persona, et montre que ces dernières façonnent leurs compositions. La sollicitation du concept de sexe/genre ouvre dès lors la porte à l’exploration des représentations des identités sexuelles et de genre dans ces chansons, où les identités des artistes se trouvent mises en abîme. En s’intéressant à l’énonciation et au discours (en particulier, au discours amoureux) contenu dans le texte des chansons sélectionnées, il est possible de rendre compte de la reproduction des injonctions à l’hétérosexualité et des poncifs qui cloisonnent le genre, ainsi que des glissements et brouillages qui autorisent des resignifications du genre. Ainsi, chez Cimon, on observe la reconduite du point de vue masculin où la valeur du féminin réside dans sa capacité à émerveiller le sujet et à susciter son désir. À l’opposé, les textes de Lapointe et Moffatt dépeignent des personnages et des récits queer, bien que leur identité queer n’ait pas été revendiquée à l’heure de la parution de leurs oeuvres.
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Cette thèse se propose de faire une analyse du discours sur les représentations du féminin et les implications du sexe/genre dans la chanson québécoise contemporaine, à travers les œuvres et la persona de trois auteur·ice·s-compositeur·ice·s-interprètes (ACI): Ariane Moffatt, Pierre Lapointe et Philémon Cimon. Notre analyse part d’abord du constat que les chansons de Moffatt, Lapointe et Cimon figurent des sujets lyriques, dont la parole et le geste sont modulés par les enjeux énonciatifs que posent le lyrisme. Pour rendre compte de la spécificité de la chanson comme pratique poétique réunissant paroles, musique et interprétation, nous proposons de faire une étude sémantique des chansons pour chacun·e des ACI, en nous attardant dans un premier temps aux questions soulevées par le lyrisme, puis en faisant la somme des aspects relevant du sexe/genre présents dans leurs univers sonores respectifs avec le renfort de la théorie féministe et des études de genre, d’après une perspective postmoderne. Notre lecture cherche à souligner les reconduites et les poncifs liés au féminin, mais également à saisir les propositions et les configurations qui s’écartent des lieux communs, tant pour les modèles féminins valorisés que pour les modèles amoureux et les rapports sociaux de sexe et de genre suggérés par les chansons. La comparaison entre les chansons des trois artistes permet ainsi de dégager des points de convergence, tout en révélant les particularités de leurs œuvres.
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Vivier: A Night Report is a kind of poetical archive of musical details, protocols, experiences, concepts, memories, fears, desires and sorrows connected to Canadian composer Claude Vivier's (1948-1983) unusual destiny. All characters from Marko Nikodijević's opera originate from Vivier's life and works but they are re-indexed, or reenacted differently. The countertenor voice of Vivier is what primarily makes him different from all the rest of the characters. Even it could be claimed that the rest of the voices are dominated by Vivier's vocal presence on stage. Vivier stands as symbol for minority, queer, vulnerable. During his short life he was trying to get his own voice, voice as the personification of freedom and possibility to be heard. Finally he gets vivid, imaginative opera in which both his physical and personified voices are shining by creativity that his art emanate. He gets his singing voice, and he finally gets heard.
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Selon la perspective interactionniste de la communication développée par Goffman (1973a, 1973b), l’image qu’un individu a de lui-même et qu’il tente de projeter sur les autres se construit au cours de l’interaction en fonction de représentations socialement partagées. Adoptant cette approche théorique, ma recherche vise à identifier, dans les interventions médiatiques de la drag-queen Mado Lamotte, les procédés discursifs qui participent à la construction de son image publique. L’analyse portera sur les actes de parole potentiellement menaçants (Brown et Levinson, 1987) et à leur amplification (Kerbrat-Orecchioni, 1990). Le corpus est constitué de 29 apparitions télévisées principalement extraites d’émissions de divertissement. La méthode d’analyse du discours (Charaudeau et Maingueneau, 2002) a permis de dégager les différents actes de parole menaçants (Venderveken, 1988) ainsi que les types de procédés par amplification (Vincent, Laforest et Turbide, 2008). L’analyse révèle trois dimensions de transgression sociale dans le modèle de construction de l’image de la drag queen : les normes interactionnelles, la frontière entre les domaines public et privé et l’identité de genre.
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The music of Rufus Wainwright has been afforded much critical acclaim thanks to the singer-songwriter’s understanding of Queer cultural history, and the candor with which he explores (homo)sexuality in his music. This case study seeks to examine his use of opera in particular, and how Wainwright uses the historical trope of the opera queen to incorporate his own queerness into music, thus asserting an authority of difference and challenging the dominant (hetero)norm constructions of masculinity in popular music. Wainwright disregards any cultural framework imposed by heternormativism, and reclaims the Orphic figure of operatic authority as one of queer power through this absence. By drawing on his own relationship with opera, Wainwright exploits the right this gives him by reinterpreting cultural history, and revising the pejorative stereotype that is an opera queen.
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Singer-composer Rufus Wainwright uses specific musical gestures to reference historical archetypes of urban, gay masculinity on his 2002 album Poses. The cumulative result of his penchant for pastiche, eschewal of traditional musical boundaries, and self-described hedonism, Poses represents Wainwright’s direct engagement with the politics of identity and challenges dominant constructions of (homo)sexuality and masculinity in popular music. Drawing from a vast lexicon of musical styles, he assembles an idiosyncratic persona, ignoring several decades of pop with an “utter lack of machismo [and] a freedom that comes to outsiders disinterested in meeting the requirements of the dreary status quo.”1 Though analysis of musical and lyrical characteristics of Poses, I establish a dialectic between Wainwright’s musical persona and four historical modes of urban gay masculinity: the 19th Century English Dandy, the French flaneur, the 20th Century gay bohemian, and the “Clone.” In doing so, I introduce Wainwright as a reinvigorating force, resuscitating the subversive potential of radical gay sexuality as a 21st Century model for imagining gay male subjectivity.
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En juin 2003 décédait tragiquement Roger Chamberland. Professeur titulaire à l’Université Laval, directeur du Département des littératures, cet homme du présent multipliait compétences et engagements dans une urgence aussi fervente que généreuse. Ses intérêts de recherche portaient sur des objets à la croisée des mouvements littéraires, artistiques et technologiques de son temps : formes variées de la culture populaire, expressions musicales contemporaines, esthétiques nouvelles étaient pour lui autant de champs d’investigation dignes de l’attention du chercheur d’aujourd’hui. Codirigé par Patrick Roy et Serge Lacasse, le présent ouvrage porte trace de cette enquête sur notre post-modernité. Il rend hommage au professeur, au chercheur qu’était Roger Chamberland. Ceux qui ont côtoyé cet homme d’exception, ses étudiants, ses collègues, ses amis, savent qu’il était infiniment plus que cela.